Placements & Marchés

Les Bourses européennes tentent de rebondir ce mercredi matin après les récentes turbulences générées par l'escalade de la confrontation commerciale entre Pékin et Washington. Mais la perception du risque demeure.

Wall Street avait fini dans le vert la veille, rassuré par une stabilisation du yuan. Cela dit, "plus les Etats-Unis cognent sur la Chine, plus les marchés européens sous-performent vis-à-vis de Wall Street. Une mécanique qui ne devrait pas s'inverser de si tôt, l'Europe étant très dépendante du bon fonctionnement du système international financier et commercial", note Tangi Le Liboux, analyste chez Aurel BGC.

Les craintes sur le commerce persistent depuis que le ton s'est durci la semaine dernière entre la Chine et les Etats-Unis, ces derniers ayant annoncé une nouvelle taxe de 10% sur les importations chinoises. Pékin a ensuite riposté en laissant chuter sa monnaie --une façon d'atténuer le coût des droits de douane--, avant une stabilisation du yuan mardi.

Mais la Chine, qui contrôle étroitement le cours de sa monnaie, l'a de nouveau laissé chuter mercredi pour le troisième jour consécutif face au dollar, en dépit de propos plus conciliants de Washington sur la guerre commerciale.

"Les deux pays montrent les muscles et coopèrent de moins en moins, ce qui pénalise particulièrement l'Europe, le Japon ou la Corée du Sud, mais nettement moins les Etats-Unis à ce stade", relève M. Le Liboux.

Frictions géopolitiques

Outre le risque commercial, les zones de friction géopolitiques avec les mouvements contestataires à Hong Kong, les tensions au Cachemire ou les tirs de missiles par la Corée du Nord rendent le climat actuel encore plus délétère.

Pékin a adressé mardi son plus ferme avertissement en date aux manifestants hongkongais qui défient depuis deux mois le régime communiste

Sur le terrain monétaire, l'un des principaux conseillers de Donald Trump sur le commerce, Peter Navarro, a estimé mardi que la Réserve fédérale américaine (Fed) devait encore réduire les taux d'intérêt de façon significative pour s'aligner davantage avec la politique monétaire d'autres pays.

Après la baisse d'un quart de point pourcentage (0,25%) des taux américains au jour le jour intervenue la semaine dernière --la première en 11 ans--, les marchés financiers misent encore sur au moins deux baisses de taux d'ici la fin de l'année.

Dans un contexte où de nombreuses banques centrales ont réduit leurs taux directeurs en juillet (notamment Australie,Turquie, Brésil, Corée du Sud) en raison du ralentissement économique mondial, la Banque centrale indienne a abaissé mercredi son principal taux directeur de 35 points de base, à 5,4%, quatrième baisse consécutive depuis le début de l'année sur fond de ralentissement de la croissance.

Contre toute attente, la banque centrale de Nouvelle-Zélande a également réduit mercredi le taux d'intérêt principal à 1%, un plus bas historique.

Sur le plan macroéconomique, la production industrielle allemande a replongé en juin, reculant de 1,5% sur un mois, après sa timide reprise de mai. Cette statistique se situe bien en deçà des attentes des analystes.

En France, le déficit commercial s'est dégradé à 5,2 milliards d'euros en juin, retrouvant un "niveau plus habituel" après le bond des exportations enregistré en mai.