Les Bourses européennes ont débuté dans le vert jeudi, sur un marché porté par le plan d'aide exceptionnel proposé par la Commission européenne aux États membres de l'UE mercredi.

La Bourse de Paris a ouvert en hausse (+0,35%), continuant à grimper pour la 4e séance d'affilée et revenant au-dessus des 4.700 points. A 09H16 (07H16 GMT), l'indice CAC 40 prenait 17,06 points à 4.705,80 points. La veille, il avait fini en nette progression de 1,79%, portant sa hausse depuis lundi à 5,4%.

La Bourse de Francfort a ouvert en hausse, le Dax prenant 0,55%. A 7h09 GMT, l'indice vedette gagnait 64,41 points à 11.722,10 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes grimpait de 0,63% à 25.309,24 points.

La Bourse de Londres gagnait du terrain en début de séance (+0,48%). Vers 07H40 GMT, l'indice FTSE-100 des principales valeurs prenait 29,62 points à 6.173,87 points. Le marché gardait le cap après avoir terminé en hausse de plus de 1% lors de chacune des deux dernières séances.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dévoilé mercredi un plan de relance de 750 milliards d'euros, basé sur un emprunt inédit, qui sera émis au nom de l'Union européenne, et dont 500 milliards doivent être distribués sous forme de subventions aux États membres dont les économies sont sinistrées par les effets de la pandémie de coronavirus.

Ce programme "revêt non seulement une grande importance pour la reprise économique", mais "renforce également la confiance des investisseurs", estime Milan Cutcovic, analyste chez AxiTrader.

"L'Europe pour une fois n'a pas déçu (...) Bien qu'il reste encore de nombreuses incertitudes et que le débat entre pays membres ne fasse que commencer, il semble pour une fois que l'Europe soit au rendez-vous et fasse preuve d'ambition pour réagir à la crise", a souligné Christopher Dembik, responsable de la recherche économique chez Saxo Banque.

Et ce, même si "étant donné les sommes en jeu et les implications politiques, un accord final ne devrait intervenir, dans le meilleur des cas, qu'en juillet voire à l'automne", a-t-il ajouté.

Portés par cette annonce et ce courant optimistes, les investisseurs continuaient à mettre au second plan les tensions montantes entre Pékin et Washington.

Les Etats-Unis ont formellement conclu mercredi que Hong Kong ne jouissait plus de l'autonomie promise par la Chine, ouvrant la voie à de possibles représailles commerciales, dans une première riposte spectaculaire à une loi sécuritaire controversée voulue par Pékin.

Juste après, le Congrès américain a ouvert un nouveau front en adoptant une proposition de loi pour sanctionner des responsables chinois accusés de "l'internement de masse" des musulmans ouïghours, qui risque d'envenimer encore davantage des relations déjà tendues à l'extrême entre Washington et Pékin.

Du côté des indicateurs, les investisseurs auront beaucoup de données à digérer. Le climat des affaires et la confiance des consommateurs en zone euro en mai ainsi que l'inflation en Allemagne pour le même mois sont au programme.

L'agenda est aussi étoffé outre-Atlantique avec une actualisation des chiffres de la croissance pour le premier trimestre, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage, les commandes de biens durables et les promesses de ventes de logements aux Etats-Unis (NAR) d'avril.

"La seule question est maintenant de savoir quelle sera l'ampleur réelle des dégâts économiques" causés par la pandémie, prévient Andreas Lipkow, économiste chez ComDirect.