Les marchés européens ont connu une journée noire, certains subissant, comme Bruxelles, la pire chute de leur histoire.

La Bourse de Bruxelles a connu jeudi l'une des pages les plus sombres de son histoire, alors que la pandémie de Covid-19 n'en finit pas de gripper l'économie mondiale et de tétaniser les investisseurs.

Son indice vedette, le Bel 20, créé en 1991, a connu la plus forte chute en une seule séance de son histoire, avec une dégringolade de 14,21%, à 2.701,00 points. Lundi, l'indice boursier avait déjà chuté de 7,58%. Par rapport au 17 février dernier, le Bel 20 a perdu plus de 35%, ce qui représente des dizaines de milliards d'euros de capitalisation boursière partis en fumée.


Les mesures annoncées par la BCE jeudi, qui n'a pas baissé ses taux, contrairement aux attentes, ont enfoncé encore plus les Bourses qui avaient déjà commencé la séance groggy, après l'interdiction pendant 30 jours par l'administration Trump des vols passagers en provenance de l'Europe à destination des Etats-Unis.

Journée noire

La Bourse de Paris a connu jeudi la plus forte chute de son histoire, clôturant à -12,28%. L'indice CAC 40 a plongé de 565 points pour finir à 4.044,26 points. A titre de comparaison, il avait perdu 7,3%, en clôture, le jour des attentats du 11 septembre 2001, et 7,7% le 10 octobre 2008, en pleine crise des subprime.µ

La Bourse de Francfort a lui aussi connu sa pire séance depuis 1989, plongeant de 12,24% sur fond de panique des marchés déclenchée par l'épidémie de coronavirus, portant les pertes depuis le début de l'année à 30,9%. L'indice vedette (Dax) a reculé de 1.277,55 points pour finir à 9.161,13 points, passant sous la barre des 10.000 points pour la première fois depuis 2016. Le MDax des valeurs moyennes a de son côté cédé 10,91%, à 20.168,02 points.

La Bourse de Londres a pour sa part terminé sur un plongeon de près de 10%, sa pire séance depuis octobre 1987. L'indice FTSE-100 des principales valeurs s'est effondré de 576,68 points à 5.299,84 points. Depuis le début de l'année, il a fondu de près de 30%. Le lundi 19 octobre 1987, surnommé le "Black Monday", l'indice phare de la Bourse de Londres avait dégringolé de 10,8% et le lendemain, il avait encore dévissé de 12,2%.

En Italie, pays d'Europe le plus touché par l'épidémie de coronavirus, la Bourse de Milan a perdu jeudi 16,92% à la clôture, enregistrant la pire séance depuis la création de l'indice vedette FTSE Mib en 1998 selon les agences italiennes. L'indice a perdu 16,92% à 14.894 points, battant le précédent record négatif de juin 2016 consécutif au succès du référendum sur le Brexit. L'indice se trouve actuellement au niveau qui était le sien à la mi-2013, selon l'agence AGI.

La Bourse de Madrid a fermé sur le pire plongeon de son histoire en perdant 14,06%. L'indice vedette Ibex 35, qui avait ouvert jeudi sur une chute de plus de 5%, a accumulé une perte de 35,71% sur un mois à la clôture. Les baisses ont notamment frappé de grands groupes comme celui des hôtels Meliá (-14,66%), Banco Santander (-16,86%), le constructeur ACS (-18,87%) et l'opérateur Telefónica (-14%).