Le London Stock Exchange Group (LSEG) a annoncé qu'il refusait l'offre de rachat de la Bourse de Londres par celle de Hong Kong. L'offre avait été formulée le 11 septembre dernier et portait sur un montant global de 36 milliards d'euros.

"Le Conseil rejette à l'unanimité la proposition conditionnelle et, compte tenu de ses lacunes fondamentales, ne voit pas l'intérêt d'un nouvel engagement", a annoncé le LSEG par voie de communiqué.

"Nous avons été surpris et déçus de votre décision de rendre publique votre proposition non sollicitée deux jours seulement après que nous avons pris connaissance de votre offre", note Don Robert, président du LSE Group, pointant des inquiétudes fondamentales sur les aspects financiers et légaux.

"Il ne fait aucun doute que la structure inhabituelle de votre conseil d'administration et vos relations avec le gouvernement de Hong Kong compliqueront les choses. En conséquence, votre affirmation selon laquelle la mise en œuvre d'une transaction serait "rapide et certaine" n'est tout simplement pas crédible", a-t-il ajouté.

© AFP

Le dossier Refinitiv

Par ailleurs, le LSE a de nouveau répété qu'il restait "engagé et continue à faire de bons progrès dans la proposition d'acquérir Refinitiv", fournisseur de données financières, pour 27 milliards de dollars.

"Les processus d'obtention des autorisations réglementaires sont en cours et une circulaire devrait être envoyée aux actionnaires du LSE en novembre pour leur demander de valider la transaction", qui devrait comme prévu "être finalisée au deuxième semestre 2020", conclut le LSE dans son communiqué.

Le Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEX) n'avait d'ailleurs pas caché qu'il cherchait à faire dérailler cette fusion et avait conditionné son offre à l'abandon des discussions avec Refinitiv.

"Assise mondiale"

Le HKEX avait mis en avant qu'un rapprochement créerait un groupe avec "une assise mondiale, des actifs diversifiés, idéalement positionné pour profiter de l'évolution du paysage macroéconomique", et créer une liaison entre les marchés de l'est et de l'ouest.

En vain. Le rachat d'un fleuron britannique comme la Bourse de Londres, outre la fusion en cours avec Refinitiv, se serait heurtée à de nombreux obstacles politiques, réglementaires et stratégiques.

"Le London Stock Exchange a une place cruciale dans le système financier" du Royaume-Uni, avait ainsi fait valoir jeudi un porte-parole du gouvernement britannique. Sans compter qu'un rapprochement avec la Bourse de Hong Kong au moment où l'ex-colonie britannique est secouée par une vague de contestation aurait pu être vue d'un mauvais oeil.

L'action du LSE réagissait peu au rejet de l'offre de Hong Kong et gagnait 1,63% à 7.370,00 pence dans un marché à l'équilibre.