La Bourse de New York a ouvert en nette baisse, préoccupée par l'agitation spéculative autour de quelques titres et attendant l'issue d'une réunion de la Fed ainsi que les résultats de grands noms de la technologie.

A 15H00 GMT, le Dow Jones lâchait -1,36%. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, abandonnait -1,04% et l'indice élargi S&P 500 cédait -1,29%.

La veille, au cours d'une séance frileuse, l'indice Dow Jones avait cédé 0,07% à 30.937,04 points de même que le Nasdaq à 13.626,06 points. Le S&P 500 avait rétrogradé à 3.849,62 points (-0,15%).

"Les actions américaines se négociaient à la baisse en début de séance en attendant la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale" à 19H00 GMT et la première conférence de presse de l'année de son président, Jerome Powell, notaient les analystes de Schwab.

Certains investisseurs se montraient aussi préoccupés par la frénésie autour d'actions comme celle du distributeur de jeux video GameStop (+100% à l'ouverture) ou celle d'AMC Entertainment Holdings (+215%).

GameStop, une chaîne plutôt en difficulté, fait l'objet depuis cinq jours d'une bataille entre des fonds spéculatifs qui avaient misé sur la chute du titre et des boursicoteurs qui le défendent.

"Pour les professionnels, il y a un problème en ce moment: c'est ce qu'il se passe avec les actions comme GameStop et AMC", indiquait Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

Cette montée des titres "pousse les hedge funds" qui avaient parié sur leur baisse, "à devoir liquider des positions et à lever des fonds" pour couvrir leurs paris, a ajouté l'expert.

Les hedge funds vendent

"Pour couvrir leurs positions 'short', ils vendent leurs positions 'longues'", a-t-il résumé. L'analyste a pointé du doigt des actions du secteur de la technologie ou des énergies renouvelables qui souffraient de ces levées de fonds inattendues.

Le titre Microsoft, "après les résultats extraordinaires de la veille, aurait dû continuer de s'envoler", a-t-il expliqué.

L'action du géant informatique, deuxième plus grosse capitalisation du S&P 500, stagnait mercredi après avoir pourtant annoncé un bénéfice trimestriel en hausse de 33% qui aurait dû réjouir le marché.

Les investisseurs attendent à la clôture les résultats d'Apple, Facebook et Tesla, tous dans le rouge à l'ouverture.

Pour Patrick O'Hare, "l'accès de faiblesse de la matinée entrait aussi dans le cadre des attentes de la réunion du Comité monétaire de la Banque centrale". Son communiqué "va renforcer cette orientation de politique monétaire ultra-accommodante", a-t-il relevé.

"Le patron de la Fed Jerome Powell devrait encore suggérer que la Banque centrale n'augmentera pas ses taux de sitôt", a-t-il ajouté.

Sur le front de la macro-économie, le Fonds Monétaire International (FMI) a en outre lancé de nouveau un signal d'alarme, à l'occasion de ses prévisions économiques mondiales, sur un possible "risque de correction des marchés".

Boeing lâchait plus de 4% après des résultats douloureux avec la pandémie, accusant une perte de 11,9 milliards de dollars en 2020.

Le réseau de drugstores Walgreens (+5%) fêtait l'arrivée à sa tête d'un transfuge de Starbucks, Roz (Rosalind) Brewer, qui devient la seule femme noire à la tête d'une entreprise du classement "Fortune 500".

Sur le marché obligataire, le rendement à 10 ans sur les bons du Trésor cédait du terrain à 1,0093% contre 1,0347% mardi.