La Chine, qui bloque l'importation de certains déchets depuis janvier, va encore allonger la liste des produits bannis à partir du 31 décembre, au risque d'aggraver l'accumulation de matières à recycler dans les pays riches.

Selon un document officiel cité lundi par l'agence Chine nouvelle, 32 types de déchets solides, allant des rebuts d'acier inoxydable au bois, aux pièces automobiles et de navires, ne pourront plus rentrer dans le pays à compter de la fin de l'année.

Ce document émane des ministères de l'Environnement ainsi que du Commerce, de la Commission nationale pour la réforme et le développement, et des Douanes.

En avril, le ministère de l'Environnement avait annoncé que les prochaines interdictions interviendraient en deux temps: d'ici au 31 décembre pour 16 catégories de produits, d'ici à fin 2019 pour les 16 autres.

Pour ne plus être la première destination mondiale du recyclage, Pékin a déjà fermé la porte en janvier à 24 catégories de déchets solides, dont certains plastiques, papiers et textiles, au grand dam de certains industriels du recyclage américains et européens obligés d'entreposer des déchets dans l'attente d'une solution.

Ses importations ont en conséquence chuté durant les dix premiers mois de l'année, alors que la Chine, avide de matières premières, absorbait les déchets occidentaux depuis des décennies.

Déchets plastique, papiers et métal importés ont totalisé 17,27 milliards de tonnes sur la période janvier-octobre, en baisse de 51,5% par rapport aux dix premiers mois de 2017, selon des chiffres des Douanes récemment cités par Chine nouvelle.

Un problème pour les Etats-Unis qui évoquent un argument écologique

Selon l'Institut américain des industries de recyclage des dechets (ISRI), cette nouvelle interdiction concernera la première année 676.000 tonnes de déchets américains, d'une valeur de 278 millions de dollars et 85.000 tonnes, valant un peu plus de 117 millions de dollars, la seconde année.

Et l'on sent que cela va poser problème. “Même si nous avions anticipé l'annonce de restrictions plus importantes, nous restons préoccupés par les conséquences que ces mesures vont avoir sur la chaîne d'approvisonnement mondiale des produits respectueux de l'environnement et des déchets valorisables en énergie. A la place, ces mesures vont promouvoir une utilisation accrue de matériaux vierges en Chine, contrant les intentions du gouvernement (chinois) de protéger l'environnement", a déclaré Robin Wiener, le président de l'ISRI, dans un communiqué.

En 2017, 31% des déchets américains, d'une valeur de 5,6 milliards de dollars, ont été envoyés en Chine.

Une bonne nouvelle ?

Pour Benoit Englebert, de la société Keppel Seghers, active dans la gestion de déchets, c'est une bonne nouvelle car cela permettrait d'en diminuer la production. Ceci passerait donc par une réduction des emballages, une optimisation du recyclage, une sensibilisation citoyenne qui deviendraient indispensables pour les sociétés occidentales qui exportent leurs détritus.

De plus, l'impact du transport de ces déchets serait de la sorte supprimé. 

Et pour les craintes de voir les autres pays asiatiques reprendre le flambeau, ce n'est pas sûr. Visiblement, la Thaïlande va suivre la Malaisie et le Vietnam en interdisant à son tour, d'ici 2021, l'import de déchets plastiques.