Les négociations ont commencé pour l’attribution des postes au sein des institutions européennes. La Banque centrale européenne (BCE) n’y échappe pas et la personne qui succédera à Mario Draghi, à la tête de la BCE depuis 2011, héritera, quoi qu’il arrive, d’une tâche aussi ingrate que complexe.

Il faudra d’abord jongler avec une croissance délicate qui montre des signes de faiblesse à l’échelle internationale. Selon les dernières projections du Fonds monétaire international, la croissance mondiale devrait ralentir à 2,6 %, et tomber à 1,2 % (-0,4 point) en Europe cette année.

Le problème de l’inflation, qui n’a jamais vraiment été réglé, s’imposera lui aussi rapidement dans l’agenda du futur président. L’institution annonçait, de manière très floue, viser l’objectif d’un taux annuel d’inflation "inférieur à, mais proche de 2 % à moyen terme" . Au mois de juin celle-ci restait stable, à 1,2 % sur un an, bien en deçà des espérances de la BCE.

La question de la dette des États sera également vite posée sur la table, comme en Italie, où la dette est la seconde plus élevée d’Europe, évaluée à près de 2300 milliards d’euros, soit 130 % du PIB du pays. Les critères de Maastricht fixent le seuil limite à 60 %. Pis encore, ces situations critiques sont du pain bénit pour les partis populistes et pourraient pousser certains États à s’interroger sur une possible sortie de l’UE et, par conséquent, de la zone euro.

Moins de temps, plus de problèmes

D’autres points figurent sur la "to do list" du successeur de M. Draghi, comme la guerre commerciale sino-américaine, qui ne semble pas près de prendre fin . L’impact des taxes, décisions de la Fed et autres déclarations du président américain auront un poids important sur les décisions de la BCE. Sans parler de l’impact majeur qu’aurait l’entrée des États-Unis en récession, ce que certains spécialistes considèrent fortement probable dans un futur proche.

Enfin, et c’est peut-être la difficulté majeure, le prochain patron de l’institution francfortoise devra agir vite, Mario Draghi ayant déjà rempli l’agenda décisionnaire jusqu’en 2020. Des problèmes de plus en plus importants avec, paradoxalement, une marge de manœuvre plus que restreinte pour les régler.

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