Le plus gros fonds souverain au monde, celui de la Norvège, qui souhaitait se désengager totalement du secteur pétrolier, va pouvoir sortir de 95 compagnies pétrolières dans lesquelles il possède aujourd'hui 5,4 milliards d'euros, a annoncé Oslo mardi soir.

Le fonds, qui gère plus de 1.000 milliards de dollars d'actifs, avait fait sensation en 2017 en prônant une sortie intégrale du secteur pétrolier afin de réduire l'exposition de la Norvège, plus gros producteur de pétrole et de gaz d'Europe de l'Ouest, aux hydrocarbures.

Le gouvernement a opté pour un désinvestissement sensiblement plus modeste en le limitant aux compagnies exclusivement tournées vers l'exploration et la production d'hydrocarbures, épargnant ainsi les majors comme ExxonMobil, Total ou BP, aux activités diversifiées.

Mardi soir, le ministère des Finances a précisé les contours de ce désengagement qui s'inspirera de la catégorie "producteurs de brut" l'indice FTSE Russell.

95 compagnies concernées

Sont concernées 95 compagnies dans lesquelles le fonds détenait environ 54 milliards de couronnes à la mi-septembre, a-t-il indiqué dans un communiqué, sans fournir de liste nominative.

Ce désengagement se fera progressivement et sur une longue période en fonction des conditions du marché, a-t-il précisé.

Lui-même alimenté par les revenus pétroliers de l'Etat, le fonds est placé en actions et obligations, ainsi que dans l'immobilier afin de pérenniser le financement du généreux Etat-providence norvégien.

Même si elle est dictée par des considérations exclusivement financières, la perspective de son désengagement du secteur pétrolier a été saluée par bon nombre de défenseurs de l'environnement.