#MONEYSTORY | Entre le 1er juillet et le 22 juillet 1944, se réunissaient à Bretton Wood, des économistes et autres personnalités politiques. Naîtront de ces quelques semaines de travail acharné loin de l'étouffante canicule de Washington, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Du soleil, du tennis, un peu de golf, des discussions au bord de l'eau et... beaucoup de travail. Le 1er juillet 1944, trois semaines après le débarquement de Normandie, une quarantaine de représentants et gouvernements en exil, accompagnés d'éminents économistes, se donnaient rendez-vous dans le New-Hampshire. Persuadés que le système dans lequel ils avaient évolué jusque là avait provoqué la Grande Dépression et débouché sur la guerre, l'objectif affiché était simple : réformer le système financier mondial et imaginer l'avenir. Rien que ça.

Deux plans similaires en de nombreux points avaient initialement été posés sur la table, explique dans les pages du Time, Richard Hurowitz, patron du trimestriel d'influence Octavian Report. 

Le premier par John Mayard Keynes, à la tête de la délégation britannique. C'est d'ailleurs, selon la légende, du fait de Keynes, qui voulait échapper à la chaleur étouffante de la capitale américaine, que le sommet s'est tenu dans la fraîcheur du domaine ombragé de Bretton Wood. L'idée défendue par l'économiste anglais visait à établir un système monétaire mondial basé sur le bancor, une unité de réserve non-nationale

La seconde option, imaginée par Harry Dexter White, alors assistant au secrétaire au Trésor américain, proposait de créer, d'une part, un fonds de stabilisation reposant sur les dépôts des états membres, et d'autre part, une banque servant à la reconstruction et au développement des pays touchés par la guerre.

Longues négociations

Après de longues négociations entre les puissances alliées, c'est le plan de White, organisant le système mondial autour du dollar, bien que comportant un rattachement nominal à l'or, qui fut retenu. C'est ainsi que le 22 juillet 1944, fut décidée la création du désormais célèbre Fonds monétaire internationale, ainsi que de la Banque mondiale.

"Nous avons montré qu'un groupe de 44 nations est réellement capable de travailler ensemble à une tâche constructive, dans l'amitié et la concorde ininterrompue. Peu croyaient que c'était possible. Si nous pouvons continuer dans une tâche plus vaste comme nous avons commencé dans cette tâche limitée, il y a de l'espoir pour le monde", lançait Keynes, lors du grand banquet final. Alors que les combats continuaient de dévaster une partie du monde, les dirigeants et économistes envisageait d'ailleurs déjà l'adhésion future de l'Allemagne et du Japon.

Futur incertain

A l'heure actuelle, la guerre commerciale et la montée des populismes tendent plutôt à une inversion de cette dynamique d'ouverture et de coopération. En témoignent les fréquentes déclarations à l'emporte pièce du président américain, Donald Trump, pour qui le FMI fait souvent partie des cibles privilégiés. Et il n'est pas le seul à mettre de côté le but premier de ces institutions majeures, qui cherchaient à ce que les horreurs du passé ne se reproduisent jamais, et ne prendre en considération que les coûts inhérents au fonctionnement de ces dernières.