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Malgré une dernière séance dans le vert, le Bel 20 a reculé de plus de 18% en 2018, ce qui représente sa pire performance depuis 2011, lorsqu'il avait glissé de 19,2%, et son cinquième plus mauvais bilan annuel depuis sa création en 1991. L'indice vedette de la Bourse de Bruxelles a clôturé la dernière séance de l'année, à 3.243,63 points contre 3.977,88 points fin 2017. L'an dernier, l'indice des 20 valeurs phares de la Bourse de Bruxelles avait engrangé 10,3%, après une année 2016 elle aussi dans le rouge (-2,5%). Le record absolu du Bel 20 date du 23 mai 2007, avec 4.759,01 points.

L'année 2018 avait pourtant bien commencé avec des marchés en hausse et un Bel 20 atteignant jusqu'à 4.185,96 points le 23 janvier 2018. Après cela, il n'a quasi cessé de dégringoler, accentuant sa glissade au cours du quatrième trimestre.

La conjoncture économique mi-figue, mi-raisin n'a pas vraiment porté les Bourses ces derniers mois. "Après une très bonne année 2017 au point de vue économique, cela a commencé à dérailler dès le début 2018. On a vite compris, en février-mars, que l'année serait décevante avec une croissance économique qui n'a cessé de s'effilocher en zone euro, en Chine et dans la plupart des pays émergents. Derrière la façade que représentent des chiffres de croissance de près de 3% aux Etats-Unis et pas loin de 2% en zone euro, les fondamentaux économiques se sont dégradés", observe Philippe Ledent, économiste chez ING.

L'année qui s'achève a aussi été marquée par des tensions politiques et sociales: "guerre" commerciale, notamment entre les Etats-Unis et la Chine, négociations laborieuses sur le Brexit, divergences budgétaires entre certains pays de la zone euro, mouvement des "gilets jaunes"... Aux Etats-Unis, la Fed a poursuivi le mouvement de hausse des taux, ce qui contribue à rendre le "cash" plus attractif par rapport aux actions.

La Bourse de Bruxelles n'est pas la seule à terminer l'année en territoire négatif: le Cac 40 de Paris, le FTSE 100 de Londres et le Dax de Francfort n'ont guère mieux presté. Quant à Wall Street, ses indices vedettes (Dow Jones, Nasdaq et S&P500) sont tous également dans le rouge en 2018.