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Ce qui devait être une belle histoire de financement participatif tourne à l’aigre pour les participants au capital de Newsmonkey. Il y a deux ans, ce média indépendant en ligne levait 275 000 euros auprès de 1 500 participants sur la plateforme MyMicroInvest initiée par José Zurstrassen, ancien cofondateur de Keytrade Bank. 

Aujourd’hui, les actionnaires sont tenus de vendre à un prix qui est supérieur de 10 % au prix d’émission. Mais là où le bât blesse, c’est que les frais qui sont retenus par la plateforme de crowdfunding sont de 12 %. Les actionnaires engrangent donc une perte forcée de 2 %. Ces frais étaient cependant mentionnés au départ dans les documents visés par la FSMA. Pour des raisons légales, MyMicroInvest ne peut revoir ces frais.

Manque de transparence

"Au départ, l’investissement en crowdfunding se fait toujours en parallèle avec des business angels et des professionnels qui mettent beaucoup plus que le crowdfunding. Les clauses prévoient que les actionnaires participatifs sortent et entrent aux mêmes conditions que les investisseurs professionnels. Aujourd’hui, tous les professionnels ont décidé de sortir avec une plus-value de 10 %. Les participants au crowdfunding sont donc tenus de sortir à ces conditions" , explique Olivier de Duve, de chez MyMicroInvest.

Certains parlent ici d’un plan de sauvetage du média en ligne mais ce qui frappe c’est surtout le manque de transparence dans cette opération. "En tant qu’actionnaire, nous n’avons pas reçu d’informations suffisantes sur l’évolution de la société et, aujourd’hui, nous ne savons pas qui rachète, qui est derrière la société luxembourgeoise effectuant ce rachat et surtout pourquoi nos parts sont rachetées à ce prix" , explique un actionnaire de la première heure.

Risque consenti

Cet épisode est éclairant à plus d’un titre. Il montre à quel point les investisseurs en crowdfunding doivent être conscients du risque que présente cette forme de financement. Ils doivent aussi se renseigner sur les frais et les conditions d’entrée et de sortie avant d’investir. Ils peuvent aussi exiger plus de transparence après l’émission des parts. La société est, quant à elle, tenue d’informer ses actionnaires sur les bonnes et moins bonnes nouvelles qui émaillent la vie de l’entreprise. Quant à savoir qui sont les personnes derrière le nouveau véhicule qui finance la reprise des parts (News Invest) et pourquoi passer par ce véhicule, la société Newsmonkey ne veut pas répondre. Nous sommes ici face à un réel problème de communication, le comble pour un média en ligne !