Les taux d'emprunt ont peu varié mardi en zone euro même si les investisseurs restaient préoccupés par l'épidémie de coronavirus, dont les conséquences économiques deviennent de plus en plus sensibles.

"Les taux restent la valeur refuge dans un marché toujours un petit peu inquiet même si les indices actions se tiennent encore très bien", a noté auprès de l'AFP Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

"Il y a aussi une sorte de rattrapage par rapport aux chiffres japonais qui ont quand même été un signal qu'il y aurait de vrais impacts (de cette crise sanitaire) sur les économies" plus avancées, a-t-il complété.

"La ralentissement va tout de même être assez marqué", selon lui, comme en témoigne également l'avertissement sur résultat d'Apple lundi.

Le Japon a subi au 4e trimestre 2019 la pire chute en 5 ans de son produit intérieur brut (PIB), plombé par une augmentation de la très impopulaire taxe sur la consommation.

Une récession (deux trimestres consécutifs de recul) apparaît probable en raison des répercussions négatives encore difficiles à mesurer de l'épidémie de la nouvelle forme de pneumonie virale originaire de Chine, dont le Japon est à l'heure actuelle le deuxième foyer.

Le bilan de l'épidémie a atteint mardi près de 1.900 morts tandis que le nombre de contaminations en Chine a dépassé le cap des 72.300 personnes. Ailleurs dans le monde, environ 900 personnes contaminées ont été recensées dans près de 30 pays.

Mais l'Organisation mondiale de la santé se veut rassurante: hors de la province centrale du Hubei, épicentre de l'épidémie, la maladie "touche une très petite proportion de la population", avec un taux de mortalité d'environ 2%.

En Chine continentale, le nombre de nouvelles contaminations en 24 heures (1.886) est en outre au plus bas depuis le début du mois et celui des morts supplémentaires (98) est en repli pour le quatrième jour consécutif.

Bons indicateurs américains 

"La séance n'est pas très cohérente" car même si les taux baissent à la marge, "les devises se tiennent bien" et les marchés actions n'accusent qu'un léger repli, a relevé M. Robin.

Nous avons "quand même l'impression que, de nouveau, on retouche un plateau et qu'à un moment ou un autre, les marchés actions vont peut-être de nouveau acheter l'idée que le pire est derrière nous", a poursuivi M. Robin.

Par ailleurs, "les chiffres américains sont bons, notamment l'Empire State deux fois meilleur qu'attendu", donc "les Etats-Unis ne sont pour l'instant pas du tout touchés" quant aux chiffres de confiance, a-t-il ajouté.

La croissance de l'activité manufacturière dans la région de New York a, en effet, fortement accéléré en février, surpassant les attentes des analystes, selon l'indice mensuel Empire State publié mardi.

A 18H00, le taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne a fini en léger repli, à -0,41% contre -0,40% lundi à la clôture du marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise.

Celui de la France a fini sans changement, à -0,17% comme la veille, tout comme celui de l'Espagne, qui s'est stabilisé à 0,28%, tandis que celui de l'Italie s'est légèrement tendu, à 0,93% contre 0,90%.

Le taux d'intérêt à 10 ans du Royaume-Uni a quant à lui reculé, à 0,61% contre 0,64%.

Aux États-Unis, dont le marché ouvrait après un jour férié, le taux d'emprunt à dix ans se repliait à 1,54% contre 1,58% vendredi, à l'instar de celui à 30 ans, à 1,99% contre 2,04%. Celui à deux ans s'établissait à 1,40%, contre 1,43%.