La santé financière des banques européennes inquiète à nouveau les investisseurs. Hier encore, les cours de plusieurs grands noms de la finance du Vieux Continent ont bu la tasse dans un marché à nouveau gagné par un sentiment de grande défiance.

La publication vendredi dernier par l’Autorité bancaire européenne (EBA) des tests de résistance avait pourtant dans un premier temps rassuré le marché. "Le secteur bancaire de l’UE a amélioré sa base capitalistique de façon notable ces dernières années", avait notamment expliqué l’EBA qui a passé au crible les comptes de 51 établissements de la zone euro. Objectif : s’assurer qu’ils ont les reins suffisamment solides pour encaisser un choc conjoncturel majeur.

L’Allemagne et l’Italie dans le viseur

Mais ce regain de confiance aura donc été de courte durée… Les regards des investisseurs se tournent plus particulièrement vers deux pays de la zone euro, l’Allemagne et l’Italie. Outre-Rhin, les tests de résistance ont en effet démontré la vulnérabilité de plusieurs poids lourds de la finance, comme la Commerzbank et la Deutsche Bank, dans un scénario de ralentissement de la croissance. Dans ce contexte, chaque nouvelle négative alimente évidemment la défiance. Ainsi, hier, la Commerzbank a précisé s’attendre à un recul de ses bénéfices en 2016. La sanction boursière a été immédiate et violente : le titre perdait plus de 8 % en milieu de séance. Depuis le début de l’année, sa capitalisation boursière a même fondu de 45 % !

L’Italie est considérée comme l’autre maillon faible de l’échiquier bancaire européen : le système bancaire italien plie, il est vrai, sous le poids de 360 milliards d’euros de créances douteuses.

La Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), la plus vieille banque du monde, alimente toutes les craintes en dépit de l’annonce vendredi dernier d’un vaste plan de cession de créances douteuses, suivi d’une augmentation de capital pouvant aller jusqu’à 5 milliards d’euros. Les tests de résistance l’ont démontré : elle pourrait être la première à faire la culbute en cas de scénario catastrophe. UniCredit est l’autre banque italienne ciblée par les investisseurs : selon la presse italienne, elle pourrait être obligée d’envisager rapidement une augmentation de capital de 8 milliards d’euros. La première banque du pays en termes d’actifs a cédé hier 7,15 %, après avoir déjà plongé de 9,4 % lundi. Même forte tendance baissière à Bruxelles où les cours de KBC et d’ING ont chuté de 4,28 % et 4,64 %.

On le voit, dans un environnement de taux bas appelé à durer et qui continuera à peser sur la rentabilité du modèle bancaire, la crainte d’un accident et d’une contagion possible hante encore les esprits. Huit ans après la crise de 2008...