Le patron du constructeur automobile français PSA Carlos Tavares a jugé vendredi que les investisseurs prenaient un risque "énormissime" avec l'action de son concurrent Tesla qu'il a jugé survalorisée, lors d'un entretien avec des journalistes.

Les investisseurs qui parient sur le spécialiste californien des voitures électriques "prennent un risque considérable, énormissime, mais qui suis-je pour leur donner des conseils? Je ne suis qu'un salarié", a déclaré le président du directoire de PSA (Peugeot, Citroën...), durant une rencontre au siège du groupe à Rueil-Malmaison, organisée par l'Association des journalistes économiques et financiers (Ajef).

La justification des cours actuels "c'est l'idée que Tesla pourrait prendre tout le marché par (sa) démarche électrique et éventuellement par une certaine forme d'innovation dans le système de distribution" des véhicules, a avancé M. Tavares, soulignant qu'il "n'y croyait pas".

"Tesla ne m'agace pas du tout", a-t-il affirmé. "Je me préoccupe de PSA. La survalorisation de Tesla, je laisse cela à l'appréciation des investisseurs. Si un jour ça fait pschitt, eh bien, ça fera pschitt".

"Nous considérons que Tesla est un concurrent comme un autre. Du point de vue de la maîtrise de la technologie et des objets de mobilités, sûrs, abordables et propres, nous serons parfaitement capables de concourir" avec lui, a assuré le dirigeant.

Tesla, qui a vendu un peu moins de 370.000 véhicules l'an dernier et enregistré près de 25 milliards de dollars (22 mds EUR) de chiffre d'affaires, est valorisé près de 120 milliards d'euros, soit la deuxième capitalisation du secteur derrière le géant japonais Toyota.

A titre de comparaison, PSA, groupe plus que centenaire, a vendu près de 3,5 millions de véhicules en 2019 pour 75 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Mais il valait vendredi 14,5 milliards d'euros, huit fois moins que la jeune entreprise américaine.

Les investisseurs font le pari que Tesla, qui n'a pas encore gagné d'argent sur une année complète, deviendra rapidement très rentable en profitant de l'essor du véhicule électrique porté par les limitations d'émissions de CO2 dans la lutte contre le réchauffement climatique.

L'entreprise californienne a lancé son premier véhicule électrique en 2008, à un moment où très peu y croyaient. Le pionnier s'est depuis imposé comme numéro un mondial sur ce créneau où il est crédité d'une avance technologique. Les constructeurs traditionnels ont cependant lancé d'importants investissements pour tenter de rivaliser.