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Les Bourses européennes ont clôturé en baisse lundi dans le sillage de la chute des places asiatiques, inquiètes du ralentissement économique mondial, alors que Wall Street hésitait sur la direction à prendre à la mi-séance.

"L'euphorie des dernières semaines s'est envolée", a commenté Jochen Stanzl, stratégiste de CMC Markets.

En Europe, Paris a fini en baisse de 0,18%, Londres de 0,42% et Francfort de 0,15%.

À Wall Street, le Dow Jones prenait 0,10% vers 16h30 GMT, le Nasdaq était proche de l'équilibre (-0,02%) et le S&P 500 perdait 0,15%.

Après la publication d'indicateurs sur l'économie européenne en fin de semaine dernière, l'agitation liée à l'essoufflement de la croissance internationale et ses implications sur l'expansion américaine saisissait les investisseurs.

"Les inquiétudes liées à l'économie mondiale sont de retour", a commenté Alan Skrainka, analyste chez Cornerstone Wealth Management. Une phrase qui semblait résumer le sentiment des marchés, qui ont tous commencé la séance de lundi en recul.

Ce revirement est d'autant plus inattendu que, jusqu'à vendredi, la progression des indices boursiers depuis janvier ne semblait remise en cause ni par les rebondissements du Brexit, ni par les tensions commerciales entre Washington et Pékin.

A Tokyo, l'indice Nikkei a fini la séance sur une chute de 3,01%, à l'unisson des autres marchés asiatiques: Hong Kong a perdu 2,03% à la clôture et Shanghai 1,97%.

Vendredi, les trois indices phare de Wall Street avaient connu leur pire séance depuis le 3 janvier, le Nasdaq, à forte coloration technologique, allant jusqu'à perdre 2,50% à la clôture, tandis que le Dow Jones lâchait 1,77% et le S&P 500 1,90%.

En cause, la publication vendredi de statistiques européennes décevantes, notamment en Allemagne.

"Honnêtement, les statistiques européennes ont été dans l'ensemble médiocres la plupart du temps cette année, ce n'est donc pas nouveau, tandis que les chiffres aux Etats-Unis se tassent", observe Jeffrey Halley, analyste du courtier Oanda.

"Mais tous confirment ce que l'on sait déjà: l'économie mondiale ralentit, après une décennie de hausse carburant à l'assouplissement monétaire" des grandes banques mondiales, insiste-t-il.

La décision de la Réserve fédérale américaine de renoncer à relever cette année ses taux d'intérêt, prenant acte du ralentissement économique, a également concouru au pessimisme ambiant. La Banque centrale américaine a d'ailleurs revu à la baisse ses prévisions de croissance, tablant sur une hausse de 2,1% du PIB américain, contre 2,3% estimée en décembre.

Signe alarmant: la courbe des taux obligataires américains s'est inversée vendredi pour la première fois depuis la crise financière de 2007/2008, reflétant une prudence accrue des investisseurs.

La différence entre le niveau du taux d'intérêt sur la dette à trois mois et à dix ans était à l'avantage du premier lundi matin, un phénomène appelé dans le jargon financier "inversion de la courbe des taux".

Lundi, les interrogations quant au risque d'une récession américaine ont été ravivées par la publication d'une étude basée sur un panel de 55 économistes.

Même si les risques d'une récession d'ici 2020 demeurent faibles, les trois quarts des économistes interrogés ont abaissé leurs prévisions de croissance, tablant désormais en moyenne sur une progression du PIB américain de 2,4% cette année, après 2,9% en 2018.