Placements & Marchés Le président Donald Trump continue à fustiger la Réserve fédérale alors que le secrétaire au Trésor tente de rassurer les marchés.

Pour Donald Trump, il n’y aura pas eu de "trêve des confiseurs". La période de Noël ne l’aura pas empêché de continuer à fustiger la politique de la Réserve fédérale américaine, augmentant la nervosité sur les marchés boursiers. Agacé par la décision de la banque centrale d’augmenter une nouvelle fois les taux la semaine dernière, M. Trump a tempêté lundi contre l’institution, affirmant dans un tweet : "Le seul problème de notre économie, c’est la Fed"."Ils ne sentent pas le marché, ils ne comprennent pas nécessairement les guerres commerciales", a-t-il ajouté, ce qui a précipité la chute de Wall Street lundi (l’indice élargi S&P 500 a reculé de 2,71 % pour finir à 2.351,10 points, son plus bas niveau depuis avril 2017) et fait plonger Tokyo qui a perdu plus de 5 % mardi. Sur tout le mois de décembre l’indice S&P 500 pourrait afficher la plus mauvaise performance… depuis 1931.

"Comme un golfeur puissant mais imprécis"

Pour le président des États-Unis, "la Fed est comme un joueur de golf puissant qui ne peut pas mettre la balle dans le trou car il manque de précision". Ces critiques acérées contre la puissante institution, qui a pour double mission le plein-emploi et la maîtrise de l’inflation, polluent un peu plus les discussions sur l’économie, estiment les analystes financiers. Elles rendent encore plus difficile la tâche du secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, qui s’efforce depuis samedi dernier d’apaiser les esprits sur les conséquences du "shutdown" (impasse budgétaire qui paralyse certaines administrations fédérales américaines). Steven Mnuchin a aussi tenté de faire taire les informations selon lesquelles Donald Trump envisage de congédier le président de la Fed, Jerome Powell, ce qui constituerait un acte inédit portant gravement atteinte à l’indépendance de l’institution.

Il a aussi annoncé dans un communiqué dimanche avoir eu des discussions individuelles avec les patrons des six principales banques américaines et a tenu lundi une réunion téléphonique avec un groupe de travail comprenant les divers régulateurs des marchés financiers. Mais les efforts déployés par le secrétaire au Trésor pour rassurer les marchés ne cachent pas "le chaos qui semble régner dans l’administration et crée de l’incertitude", a relevé Peter Cardillo de Spartan Capital Securities. "Cela ne fait qu’alarmer encore plus les gens et les incite à se dire que si (M. Mnuchin) appelle les dirigeants des six plus grandes banques, il se passe peut-être quelque chose de plus inquiétant", a aussi souligné Nate Thooft de Manulife Asset Management.