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Les jeans Levi's reviennent en Bourse ce jeudi, 34 ans après avoir claqué la porte de Wall Street, un deuxième baptême boursier qui devrait se dérouler en fanfare, le groupe ayant réussi à séduire les investisseurs lors des préparatifs.

La société, fondée à San Francisco en 1853 par Levi Strauss, prévoit de démarrer sa nouvelle aventure boursière au prix de 17 dollars l'action, ce qui lui permettrait de lever 623 millions de dollars, selon un communiqué publié mercredi.

Ces chiffres dépassent les espérances communiquées la semaine dernière par l'entreprise. En effet, elle comptait récolter seulement 587 millions de dollars en mettant en vente 36,7 millions d'actions dans un prix compris entre 14 et 16 dollars l'unité.

Les nouvelles données valorisent Levi's à 6,6 milliards de dollars, soit 400 millions de plus que ses précédentes estimations.

Sauf surprise, les équipes de Levi's devraient sonner la célèbre cloche à l'ouverture de Wall Street comme c'est souvent la tradition pour un baptême du feu.

Il faudra toutefois attendre plusieurs dizaines de minutes supplémentaires pour voir l'action démarrer sa cotation sous le symbole "LEVI" sur la plateforme boursière New York Stock-Exchange (NYSE).

L'argent levé devrait donner à l'entreprise, emblématique du style de vie américain, "davantage de flexibilité financière" pour ses dépenses opérationnelles et pour éventuellement effectuer "des acquisitions et autres investissements stratégiques".

Le retour de Levi Strauss en Bourse intervient au moment où le secteur du jean fait face à la concurrence de "l'athleisure", la mode qui s'inspire des vêtements sportifs mais n'a pas forcément pour vocation première de servir pour l'exercice physique.

Pour y faire face, la société a continué de se développer géographiquement, notamment dans les grands pays émergents (Chine, Inde et Brésil), où sa marge de progression est encore importante.

La Chine ne représentait par exemple que 3% des ventes de Levi Strauss en 2018 alors que le pays compte pour 20% des ventes mondiales dans le textile, affirme le groupe dans les documents boursiers.

Les ventes totales se sont élevées à 5,6 milliards de dollars de biens lors de l'exercice fiscal achevé fin novembre, pour un bénéfice net de 283,1 millions.

Levi Strauss -- qui outre les mythiques 501 et ses diverses gammes de jeans propose aussi des T-shirts, des sweaters ou des ceintures -- avait connu un premier baptême boursier en 1971 mais avait quitté Wall Street en 1985 via un "LBO" (rachat par endettement), orchestré par la famille du fondateur Levi Strauss.