"Dans ces configurations, la question est de savoir si la hausse est un signe de l'appétit des investisseurs ou si c'est juste un test" avant que les cours redescendent, explique Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Les marchés sont fortement influencés par l'éventualité d'un plan de relance aux États-Unis, leurs espoirs d'un accord oscillant au gré des déclarations de Donald Trump.

Aides globales ou ciblées ?

Après avoir voulu interrompre les discussions entre démocrates et républicains mardi, le président américain a affirmé qu'il y avait "vraiment de fortes chances" pour un accord lors d'un entretien jeudi sur Fox Business News.

"Nous commençons à avoir des discussions très productives", a-t-il assuré, faisant référence spécifiquement à l'aide destinée aux compagnies aériennes et aux chèques de 1.200 dollars en faveur des Américains.

Pour M. Baradez, "le marché retient que les négociations ne sont pas gelées et que Donald Trump n'a pas envie de braquer l'opinion" à moins d'un mois de l'élection présidentielle américaine. Toutefois, "il ne parle pas d'un plan global mais de mesures ciblées", rappelle le spécialiste.

L'aide est particulièrement attendue alors que l'économie américaine montre des signes d'essoufflement après sa forte reprise: les inscriptions hebdomadaires au chômage n'ont que légèrement reculé la semaine passée et restent à un haut niveau avec 840.000 nouvelles inscriptions.

Le plan de relance occupe tous les esprits, les investisseurs ne voyant rien de nouveau dans les minutes de la réunion du conseil monétaire de la BCE, qui a réitéré le cap accommodant de l'institution.

Le point à la clôture:

La Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,61%. L'indice CAC 40 a gagné 29,94 points à 4.911,94 points. La veille, il avait cédé 0,27%;

La Bourse de Francfort a clôturé en hausse, le Dax gagnant 0,88%. L'indice vedette a pris 113,64 points à 13.042,21 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes a gagné 0,79% à 27.835,11 points;

La Bourse de Londres a terminé en hausse jeudi. L'indice FTSE-100 des principales valeurs s'est apprécié de 0,53% à 5.978,03 points.

Avis de brokers pour KBC, Kinepolis, Bpost, PostNL

KBC (+2,8% à 45,31 euros) a été relevé de "conserver" vers "acheter" chez Deutsche Bank, l’objectif grimpant de 54 vers 56 euros. L’analyste estime que le groupe belge devrait être un des premiers à revenir vers une certaine forme de normalité durant le deuxième semestre. "La performance décevante de ces dernières semaines laisse aujourd’hui un potentiel de redressement, d’autant que le groupe est actif dans des régions bénéficiant d’une croissance relativement plus soutenue". Il pointe également la force des activités d’assurance ainsi que le bon contrôle des coûts opérationnels.

Kinepolis (+0,5% à 27,75 euros) a été confirmé à "acheter" chez Degroof Petercam, l’objectif étant ajusté de 47 vers 45 euros. Comme de nombreux analystes sur les dernières séances, celui de Degroof Petercam souligne les nombreux reports dans les sorties cinématographiques, avec une normalisation dans la fréquentation des salles qui n’est pas encore envisagée à court ou moyen terme. "Le groupe reste toutefois financièrement solide, et a démontré une capacité à contrôler ses coûts".

Bpost (-2,1% à 8,29 euros) a été descendu de "surpondérer" vers "neutre" chez Barclays Capital, avec un objectif fixé à 8,5 euros. Si l’analyste souligne apprécier le groupe postal belge sur le long terme, il estime qu’il existe néanmoins plusieurs facteurs qui le rendent prudent à plus court terme. Il lui préfère donc son concurrent néerlandais PostNL (-2,8% à 3,01 euros), qu’il a remonté vers "surpondérer" avec un objectif fixé à 3,6 euros. "Le groupe néerlandais nous semble mieux positionné pour profiter de la croissance du commerce en ligne".

G.Se.