"La baisse est liée à l'accroissement des cas de Covid-19, qui guide les Bourses en 2020. Mais contrairement au mois de mars, les investisseurs savent ce qui se passe", analyse Lara Nguyen, gérante privée à Fastea Capital.

"Le marché ne s'enfonce pas, mais baisse progressivement, jour après jour. Cela montre qu'il ne sur-réagit pas", estime-t-elle, pointant également du doigt que la volatilité, si elle a augmenté, reste très loin des niveaux de crise.

Les mesures de restriction mises en place dans toute l'Europe "nous laissent penser qu'un reconfinement au moins partiel pourrait être possible" juge Valentin Bulle, gérant pour Dôm Finance.

Ralentissement de la reprise

L'Union européenne a appelé jeudi ses États membres à durcir leurs mesures de contrôle "immédiatement" face aux nouveaux foyers d'épidémie de Covid-19.

"Les investisseurs se demandent si les plans de relance des États et les mesures des banques centrales vont suffire" pour maintenir le rebond enclenché depuis la fin des déconfinements, ajoute Mme Nguyen.

Ainsi, parmi les nombreux signaux du ralentissement de la reprise économique, la croissance des commandes de biens durables aux États-Unis a fortement ralenti en août, selon les données publiés vendredi, et a été inférieure aux attentes des analystes.

Le point à la clôture:

La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,69%. L'indice CAC 40 a perdu 32,96 points à 4.729,66 points dans un volume d'échanges de 3,2 milliards d'euros. Sur la semaine, il chute de 5%, ce qu'il n'avait plus connu depuis la mi-juin. Depuis le 1er janvier, il a perdu 20,88% de sa valorisation;

La Bourse de Francfort a clôturé en baisse vendredi, le Dax perdant 1,09%. L'indice vedette a perdu 137,4 points à 12.469,20 points et affiche une perte de près de 5% sur l'ensemble de la semaine. Le Mdax des valeurs moyennes a lui grignoté 0,11% à 26.452,76 points;

La Bourse de Londres a terminé en légère hausse vendredi (+0,34%) après une semaine en dents de scie, tirée par l'envolée des actions liées au secteur des paris à cause d'une offre sur William Hill. L'indice FTSE 100 des principales valeurs a gagné 19,89 points à 5.842,67 points.

Focus boursier | Pepsico, un déménagement qui manque de pétillant

A la fin 2018, le géant des boissons gazeuses Pepsico (qui détient des marques comme Pepsi, Lays, Doritos, Tropicana, Gatorade ou Quaker) avait décidé de déménager sa cotation du New York Stock Exchange vers le Nasdaq. Le succès boursier n’a toutefois pas été au rendez-vous, avec un cours qui n’a progressé que de 10% depuis son arrivée, et un recul boursier de 3% sur les 12 derniers mois. Une performance qui contraste défavorablement avec les groupes qu’il côtoie au sein de l’indice Nasdaq 100, comme Amazon, Apple, Facebook ou Alphabet.

Le groupe cherche depuis plusieurs mois à accélérer sa croissance, en lançant de nouveaux produits comme Driftwell (boissons relaxantes) ou en réalisant des acquisitions, notamment celle du producteur de boissons énergétiques Roskstar (pour 3,8 milliards de dollars) en début d’année, ou celle du producteur de snacks chinois Be & Cheery (pour 705 millions de dollars). Pour les exercices 2020 à 2022, le consensus s’attend à une croissance du chiffre d’affaires tournant autour de 4%, avec un résultat net et un dividende qui devrait progresser autour de 7%. Ce rythme de croissance doit toutefois être mis en comparaison avec une valorisation relativement élevée, le rapport cours/bénéfice dépassant 25 sur base du résultat attendu pour 2020.

Ceci explique que le consensus soit relativement neutre sur le titre à l’heure actuelle, avec 11 avis d’achat pour 20 analystes et un potentiel qui tourne actuellement autour de 10% par rapport à l’objectif moyen. Pepsico est aujourd’hui avant tout un pourvoyeur de dividende pour les investisseurs, avec un rendement brut de 3% et un cours qui reste peu volatil. En distribuant près de 70% de son résultat net à ses actionnaires sous forme de dividendes (en plus d’un programme de rachat d’actions propres), Pepsico constitue une alternative attractive par rapport aux emprunts de l’état américain.

Ce profil stable sera probablement encore mis en évidence lors de la publication des résultats pour le troisième trimestre 2020, prévu pour le jeudi 1 octobre. Lors des résultats semestriels, la direction avait favorablement surpris le marché en affichant un recul de son chiffre d’affaires de seulement 3% en dépit de la pandémie de coronavirus. Le groupe n’avait toutefois pas voulu donner d’objectifs précis pour l’ensemble de l’année, et ces résultats pourraient donc constituer l’occasion de donner des objectifs chiffrés pour l’ensemble de l’année.

G.Se.