Principal catalyseur des marchés depuis le début de la semaine, le plan de relance américain, discuté au Congrès et à la Maison-Blanche depuis plusieurs mois, a cette fois influencé négativement les courtiers.

Donald Trump a appelé mardi à suspendre les négociations sur ces nouvelles mesures jusqu'à l'élection présidentielle, ce qui avait fait plonger les indices américains.

Le président américain a toutefois appelé par la suite le Congrès à adopter "immédiatement" de nouvelles mesures ciblées pour prolonger l'aide aux salariés du secteur aérien et aux petites entreprises, ce qui a diminué l'impact de sa première déclaration.

Le calme avant la tempête électorale

"Le marché attend ce plan de relance. Mais si on a de nouvelles annonces sur ce sujet, le risque est plutôt que les cours baissent", les investisseurs ayant plutôt pris en compte dans leur estimation la conclusion d'un accord, juge Valentin Bulle, gérant actions de Dôm Finance.

Si le marché est calme depuis plusieurs séances, hormis quelques frayeurs lors de la révélation de la contamination par le Covid-19 de Donald Trump, "la volatilité risque d'augmenter" à mesure que l'élection présidentielle américaine approche, notamment en cas "d'annonces de Donald Trump, en retrait dans les sondages", note M. Bulle.

La situation sanitaire reste également sous surveillance, tandis que les mesures de restriction se multiplient et se durcissent dans les métropoles européennes.

Le point à la clôture:

A Bruxelles, l'indice BEL 20 s'est établi à 3.325,72 points (-0,47%) après avoir gagné 3,28% en cinq séances consécutives de hausse. Quatorze de ses éléments étaient en baisse alors que l'indice a bénéficié du soutien de AB InBev (49,66 euros) qui remontait de 1,74%, en compagnie de Umicore (36,96 euros) et Barco (17,25 euros), en hausse de 2,33 et 2,34%.

La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,27% mercredi. L'indice CAC 40 a perdu 13,4 points à 4.882 points, mettant fin à une série de quatre hausses consécutives. La veille, il avait progressé de 0,48%;

La Bourse de Londres a terminé proche de l'équilibre mercredi (-0,06%). A la clôture, l'indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 3,69 points à 5.946,25 points;

La Bourse de Francfort a fini mercredi en légère hausse, le Dax gagnant 0,17%. L'indice vedette a gagné 22,55 points à 12.928,57 points, tandis que le Mdax des valeurs moyennes a chuté de 0,18% à 27.617,71 points.

Avis de brokers pour AB Inbev, AKKA Technologies, Ahold Delhaize

AB Inbev (+1,7% à 49,66 euros) a été remonté de "conserver" vers "acheter" chez Jefferies, l’objectif grimpant de 50 vers 60 euros. L’analyste estime que le consensus est trop pessimiste , au vu de la belle résistance de l’activité durant la crise du coronavirus. "La concurrence reste féroce, mais le groupe a été en mesure de remonter ses parts de marché dans ses quatre principaux marchés, qui représentent deux tiers des ventes. Si la croissance revient et que le désendettement continue, le potentiel pourrait même atteindre 60%". Cette révision est intervenue dans le cadre de la publication d’une étude sectorielle, à l’occasion de laquelle le courtier a également relevé le néerlandais Heineken (+3,5% à 79,72 euros) de "conserver" vers "acheter", avec un objectif propulsé de 75 vers 95 euros.

AKKA Technologies (-3,4% à 21,15 euros) a vu son objectif descendu de 30 vers 27 euros chez KBC Securities, avec une recommandation maintenue à "acheter". Suite à l’augmentation de capital (réservée pour 75% à la CNP du groupe Frère), les actionnaires ont été dilués, ce qui entraîne une baisse des attentes bénéficiaires pour 2021 et 2022. "Nous tablons sur une amélioration progressive de l’environnement dans lequel le groupe évolue".

Ahold Delhaize (-0,9% à 24,72 euros) a été maintenu à "acheter" chez Kepler Cheuvreux, l’objectif grimpant de 25,8 vers 27,7 euros. L’analyste se montre plus optimiste pour le quatrième trimestre, en raison notamment de l’exposition du groupe sur le marché américain. "La croissance dans la distribution alimentaire a été deux fois plus rapide qu’en Europe suite au déclenchement de la crise".

G.Se.