"Les préoccupations sanitaires pèsent dans les têtes des investisseurs", résume David Madden, analyste de CMC Markets.

Pour le stratégiste de la Banque Postale AM Stéphane Déo, les marchés ont montré une "asymétrie de réactions" en se focalisant sur la reprise des contaminations en Europe plutôt que sur les avancées des vaccins.

"Cela montre qu'ils tablaient jusqu'alors sur un scénario optimiste, sans seconde vague", a-t-il expliqué au cours d'une conférence de presse jeudi.

De plus, les marchés américains ont terminé en forte baisse mercredi, et ne rebondissaient que faiblement un peu après la clôture des Bourses européennes: à 18H30 (16H30 GMT), le Dow Jones montait de 0,57% et l'indice technologique Nasdaq de 0,87%.

Les investisseurs n'espèrent pas un soutien externe immédiat de la part des Banques centrales après leur énorme mobilisation au plus fort de la crise.

Le président de la réserve fédérale américaine Jerome Powell doit parler pour le troisième jour de suite devant le Congrès, mais "aucune annonce nouvelle en termes de politique monétaire" n'est ressortie des deux premières prises de parole, souligne Alexandre Baradez, analyste d'IG France.

Le marché de la dette est resté stable jeudi, même si le taux italien est un peu remonté, après s'être approché de ses plus bas historiques plus tôt dans la semaine.

La dégringolade continue pour l'aérien

Le secteur des transports a continué de souffrir des mesures de restriction, à commencer par l'aérien: Air France KLM a encore plongé de 6,77% à 3,02 euros, Airbus de 3,46% à 59,65 euros et Aéroports de Paris de 3,21% à 83 euros.

A Londres, le groupe aérien IAG a perdu 5,33% à 95,24 pence.

Le ton monte entre Suez et Veolia

Le PDG de Veolia, qui cherche à mettre la main sur Suez, a qualifié jeudi de "pitoyable" la décision de son rival de créer un dispositif juridique compliquant fortement toute cession de sa branche Eau française.

Suez a souffert le plus de ces tensions, cédant 4,50% à 14,23 euros. Engie, actionnaire principal de Suez, a perdu 1,94% à 11,14 euros et Veolia 2,34% à 17,95 euros.

Film d'angoisse pour Cineworld

La chaîne de salles de cinémas s'effondrait de 11,75% à 42,82 pence après avoir dévoilé une perte après impôts de 1,6 milliard de dollars au premier semestre du fait des fermetures engendrées par la pandémie.

Le point à la clôture:

La Bourse de Francfort a clôturé en baisse jeudi, le Dax perdant 0,29%. L'indice vedette a perdu 36,40 points à 12.606,57 points, tandis que le Mdax des valeurs moyennes a chuté de 1,31% à 26.424,05 points;

La Bourse de Paris a clôturé en baisse de 0,83%. L'indice CAC 40 a perdu 39,64 points à 4.762,62 points. La veille, il avait mollement progressé de 0,62% compte tenu des pertes accumulées depuis le début de la semaine.

Avis de brokers pour Elia, ArgenX, retail Estates

Elia (+1,5% à 86,4 euros) a vu sa recommandation grimper de "conserver" vers "acheter" chez KBC Securities, l’objectif de cours étant fixé à 102 euros. Cette révision intervient alors que le cours s’est inscrit dans une tendance baissière depuis le mois d’avril, notamment par rapport à ses principaux concurrents au niveau européen. "La valorisation actuelle nous permet de redevenir plus optimiste pour la performance future du titre, d’autant que l’activité est relativement peu impactée par l’épidémie de COVID-19 et que le profil est relativement défensif".

ArgenX (-0,3% à 209,6 euros) a été confirmé à "acheter" chez Goldman Sachs, l’objectif de cours étant descendu de 245 vers 240 euros. Après la publication des résultats pour le premier semestre, le courtier a ajusté son modèle avec pour conséquence un recul de la valorisation. "Nous considérons qu’il existe néanmoins plusieurs catalyseurs potentiels pour le cours durant les prochains mois, avec notamment des résultats pour des essais cliniques en cours ou l’entrée d’une nouvelle molécule dans le pipeline".

Retail Estates (-1,8% à 54,4 euros) a vu son avis repris à "conserver" chez ING, avec un objectif de cours descendu de 77 vers 60 euros. L’analyste souligne que le taux de vacance risque de se dégrader durant les prochains trimestres en raison de la crise économique, ce qui va faire pression sur la valorisation du portefeuille. "Nous nous attendons donc à ce que le rythme de croissance se ralentisse, notamment au vu d’un taux d’endettement relativement élevé".

G.Se.