Les marchés européens ont fini en forte baisse, fragilisés par la déroute des prix des cours du brut dans un marché pétrolier dévasté par la pandémie de coronavirus.

"Hier, certains pensaient que (la chute des cours du brut) pouvait ne toucher que le contrat de mai" et que c'étaient des facteurs techniques "qui avaient entraîné ces mouvements très très baissiers sur le pétrole", a indiqué auprès de l'AFP Alexandre Baradez, un analyste de IG France.

"Or, dès le début du contrat de juin (ce mardi), nous avons observé des mouvements (de recul) aussi amples", a-t-il complété, poussant Donald Trump à demander à son administration de mettre sur pied un plan d'aide d'urgence à l'industrie du gaz et du pétrole.

De son côté, l'Arabie saoudite a indiqué mardi "surveiller de près" les marchés pétroliers et être prête à prendre "toute mesure supplémentaire", selon l'agence de presse officielle SPA.

Le cours du baril de pétrole américain (WTI) est devenu négatif lundi pour la première fois de son histoire en raison de la saturation des stocks et de l'effondrement de la demande lié à la pandémie. Après être retombé ponctuellement en dessous de zéro mardi, il évoluait autour de 5 dollars le baril vers 15H50 GMT.

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence européenne, est quant à lui tombé mardi sous les 20 dollars, à son plus bas niveau depuis décembre 2001.

"Si les caractéristiques restent les mêmes sur le contrat suivant, c'est qu'il y a des inquiétudes plus profondes sur le secteur pétrolier et donc plus globalement sur la vigueur de la demande au niveau mondial", selon M. Baradez.

Des craintes géopolitiques liées à des rumeurs sur l'état de santé du leader nord-coréen Kim Jong Un ont aussi pesé sur la tendance.

Du côté des indicateurs, le baromètre ZEW de la confiance des milieux financiers allemands en avril a été marqué par une forte remontée, signe d'un regain d'optimisme sur les marchés.

Au Royaume-Uni, le taux de chômage a enregistré une petite hausse de 0,1 point pour atteindre 4% pour les trois mois achevés fin février comparé aux trois mois précédents, mais les économistes comme le Trésor s'attendent à une envolée à partir de mars avec le plein impact de la pandémie de coronavirus.

Les reventes de logements aux Etats-Unis ont quant à elles chuté de 8,5% en mars par rapport à février mais le niveau reste élevé, selon l'Association nationale des agents immobiliers américains (NAR).

Le point à la clôture:

  • La Bourse de Londres a terminé en forte baisse de 2,96%. A la clôture, l'indice FTSE-100 a perdu 171,80 points à 5.641,03 points;
  • La Bourse de Francfort a fini en forte baisse mardi, le Dax perdant 3,99%. L'indice vedette a perdu 426,05 points pour atteindre 10.249,85 points, tandis que le MDax des valeurs moyenne a chuté de 2,28% à 21.948,25 points;
  • La Bourse de Paris a terminé nettement dans le rouge (-3,77%). L'indice CAC 40 a perdu 170,84 points à 4.357,46 points, dans un volume d'échanges modéré de 3,2 milliards d'euros. La veille, il avait fini en hausse de 0,65%.
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