"Il y a là à la fois les craintes liées au Covid-19, la contagion des marchés américains sur l'Europe via les valeurs technologiques, et les tensions entre les Etats-Unis et la Chine", résume Alexandre Baradez, analyste pour IG France.

Au moment où les Etats-Unis vont passer la barre des 200.000 décès, les madrilènes renouent avec les contrôles stricts de déplacements lundi et le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d'Europe, craint un nouveau "décollage" de la pandémie.

Très sensible à l'humeur de Wall Street, la place parisienne a creusé ses pertes à l'ouverture de la Bourse de New York, elle-même fragilisée par la chute de ses stars technologiques lundi.

A mi-séance, les trois principaux indices new-yorkais perdaient entre 1,5 et 3%.

Après plusieurs mois de relatif optimisme sur fond de déconfinement et de reprise de l'économie, les Bourses peinent depuis le début du mois de septembre à trouver l'énergie pour continuer à avancer.

"Il y a le sentiment qu'on a absorbé une partie du rebond économique, mais la partie la plus lente reste à faire", analyse Alexandre Baradez pour qui "tout ce qui va être dit sur le virus désormais aura la même importance que les décisions de politique monétaire".

Egalement source de stress sur les marchés lundi, la chute des valeurs bancaires à travers l'Europe après la révélation d'un consortium de journalistes qui accusent ces géants bancaires d'avoir permis le blanchiment d'argent sale à grande échelle.

Visé par l'enquête sur son prétendu manque de transparence vis-à-vis de certains clients de sa filiale suisse SGPB, Société Générale a perdu 7,66% à 11,66 euros. Crédit Agricole a abandonné 5,36% à 7,66 euros et BNP Paribas 6,37% à 32,39 euros.

Ces valeurs ont aussi été affectées par le recul des taux d'intérêt sur les dettes des principaux Etats de la zone euro, recherchées par des investisseurs échaudés par le marché des actions. La dette à dix ans a reculé entre quatre et cinq points de base pour l'Allemagne, la France, l'Italie et l'Espagne.

Le point à la clôture:

La Bourse de Francfort a fini en forte baisse lundi, le Dax perdant 4,37%. L'indice vedette a perdu 573,8 points à 12.542,44 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes a cédé 3,68% à 26.499,95 points;

La Bourse de Paris a connu sa pire séance en plus de trois mois lundi et chuté de 3,74%. L'indice CAC 40 a lâché 186,14 points à 4.949,76 points;

La Bourse de Londres a fini en forte baisse ce lundi (-3,38%). L'indice FTSE-100 des principales valeurs a clôturé à 5.804,29 points.

Avis de broker pour D'Ieteren, Kinepolis, Ontex

D’Ieteren (-4,3% à 51,2 euros) a été maintenu à "acheter" chez ING, l’objectif de cours étant redressé de 69 vers 80 euros. L’analyste a significativement relevé ses attentes bénéficiaires pour les exercices 2020 à 2022, suite à l’annonce de résultats semestriels qui ont très largement dépassé les attentes du marché. "La performance de Belron a très nettement supporté la performance du groupe, et cette division va continuer à soutenir les résultats durant les prochaines années". Il estime que le niveau actuel du cours constitue un excellent point d’entrée.

Kinepolis (-2,6% à 30,35 euros) a été confirmé à "acheter" chez Degroof Petercam, l’objectif de cours étant toutefois descendu vers 47 euros en raison de la reprise beaucoup plus lente que prévu dans le secteur des salles de cinéma. "Nous avons sensiblement descendu nos attentes pour le résultat opérationnel, pour 2020 mais aussi pour 2021. Le report du lancement de nombreux films affecte aujourd’hui matériellement les perspectives bénéficiaires du groupe, et il faudra se montrer patient durant les prochains mois le temps que la fréquentation des salles remonte vers des niveaux normaux".

Ontex (-3,4% à 11,46 euros) a reçu un premier avis "conserver" chez Jefferies, avec un objectif fixé à 12,35 euros. Le courtier anglo-saxon souligne la valorisation attractive du titre, mais pointe un manque de direction claire pour retrouver des soutiens de croissance même si la rentabilité opérationnelle devrait bénéficier des efforts de réduction sur les coûts.

G.Se.