Les marchés européens ont entamé le mois de décembre dans le rouge, lestés ce lundi par un durcissement de la position américaine en matière commerciale, aussi bien à l'égard de la Chine qu'à l'égard de l'Argentine et du Brésil.

"Sur les niveaux actuels, la moindre contrariété peut avoir des répercussions assez fortes sur le marché", d'autant que nous sortons d'une "semaine qui a été un peu tronquée avec des jours fériés aux États-Unis et des volumes de transaction qui ont été assez faibles", a commenté Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque.

"Il a donc suffi d'un Donald Trump un petit peu plus menaçant sur le dossier commercial, brandissant encore une fois la menace de mettre en place des droits de douane et sans donner aucune garantie sur un accord de phase un avec la Chine pour remettre le feu aux poudres", a-t-il souligné.

Le président américain "a dit qu'il y aurait une augmentation des droits de douane s'il n'y avait pas d'accord avec la Chine", a détaillé le spécialiste.

"C'est certainement un moyen de mettre la pression sur la Chine, qui a elle aussi durci un peu le ton après les décisions qui ont été prises sur Hong Kong", Donald Trump ayant signé la semaine dernière une loi soutenant les manifestations pro-démocratie dans l'ancienne colonie britannique.

"Morosité ambiante"

Toujours sur le front commercial, Donald Trump a également annoncé que les États-Unis allaient imposer des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium en provenance du Brésil et de l'Argentine pour riposter à la dévaluation "massive" des monnaies de ces pays, prenant par surprise l'un de ses principaux alliés, le président brésilien Jair Bolsonaro.

Côté indicateurs, la bonne surprise du jour est venue de l'activité manufacturière en Chine, qui s'est inscrite en novembre à son plus haut niveau depuis trois ans, en dépit des tensions commerciales, selon l'indice des directeurs d'achat (PMI).

En France, l'activité du secteur manufacturier a légèrement progressé lors du même mois. En revanche, aux États-Unis, elle a continué de se contracter plus vite que ne le pensaient les analystes, selon l'indice de l'association professionnelle ISM. "Cela ne change pas l'image que nous avions déjà du secteur, mais vient ajouter un petit peu à la morosité ambiante", a estimé M. Tuéni.

Le point à la clôture:

  • La Bourse de Paris est brutalement retombée sous les 5.800 points lundi (-2,01%). L'indice CAC 40, qui évoluait encore autour de 5.900 points vendredi, a décroché de 118,43 points à 5.786,74 points, dans un volume d'échanges nourri de 4,4 milliards d'euros. Vendredi, il avait terminé en léger recul de 0,13%;
  • La Bourse de Londres refroidie par de nouveaux droits de douane américains (-0,82%). A la clôture, l'indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 60,59 points, à 7.285,94 points;
  • La Bourse de Francfort a fini en forte baisse lundi, le Dax lâchant 2,05%. L'indice vedette a terminé sur une chute de 271,70 points à 12.964,68 points.