Après avoir évolué en hausse une bonne partie de la séance, les Bourses ont piqué du nez durant les deux dernières heures de cotation, marquées notamment par l'ouverture hésitante de Wall Street.

"Le marché commence à être un peu nerveux avant Jackson Hole jeudi", analyse Laurent Le Grin, directeur général chez Degroofpetercam.

Le patron de la Fed, Jerome Powell, doit s'exprimer lors de ce symposium annuel, quelques jours après la publication d'un compte rendu de la dernière réunion de l'institution interprété comme inquiétant par les acteurs du marché.

"Bras croisés"

"De nombreux investisseurs gardent les bras croisés avant Jackson Hole", confirme David Madden, analyste marchés pour CMC Markets UK.

A la mi-séance à Wall Street, le Dow Jones perdait 0,47%, le Nasdaq avançait de 0,32% et le S&P 500 gagnait 0,06%.

Dans le sillage de la Bourse en Europe, les taux d'intérêt à dix ans des dettes des principaux Etats se sont tendus, d'entre 5 et 7 points de base.

Le taux français était de -0,13% à la clôture, le taux allemand de -0,43%, le taux italien de 1,03% et le taux espagnol de 0,39%.

Avant les deux dernières heures de cotation, la tendance avait été à l'optimisme, alors que les espoirs d'un vaccin ou d'un traitement contre le Covid-19 ont permis aux actions de montrer franchement lundi.

Paris avait bondi de 2,28%, Francfort de 2,36%, Londres de 1,71%, Milan de 2,12% et Madrid de 1,82%.

"Manque de conviction"

La séance de mardi a été marquée par de nouvelles annonces de la part du britannique AstraZeneca.

Le laboratoire, qui développe déjà un vaccin, a annoncé avoir lancé des essais de phase 1 sur un médicament permettant de prévenir et traiter le Covid-19. L'essai est financé par le gouvernement américain.

Dimanche, l'Agence américaine du médicament avait donné son feu vert à la transfusion du plasma sanguin de personnes guéries du coronavirus à des patients hospitalisés - un traitement dont l'efficacité fait toutefois encore débat.

"Le fait que le fort démarrage de la séance (mardi) n'ait pas pu être soutenu suggère un manque de conviction des investisseurs" à travers l'Europe, a affirmé David Madden.

Sur l'indice parisien, ArcelorMittal a été la plus forte baisse du jour, lâchant 1,62% à 9,89 euros. Mais malgré le recul de nombreuses valeurs à travers l'Europe, les entreprises du secteur du tourisme ont profité encore de l'espoir d'un vaccin.

Accor a pris 3,83% à 25,49 euros, le groupe aérien IAG, propriétaire de British Airways, a avancé de 2,48% à 202,20 pence, et le groupe hôtelier InterContinental Hotels de 3,37% à 4.448,00 pence.

Schneider Electric (+0,48% à 105,75 euros), principal actionnaire de l'éditeur britannique de logiciels Aveva (+7,25% à 4.646,00 pence), a bénéficié de l'accord pour le rachat par sa filiale de son concurrent américain OSIsoft, une transaction saluée par le groupe français.

Sur fond d'optimisme sur la reprise économique, le fabricant allemand de turbines d'avion MTU Aero Engines a gagné 2,16% à 156,25 euros.

Le point à la clôture:

La Bourse de Francfort a marqué le pas mardi, le Dax cédant 0,04%. L'indice vedette a reculé de 4,92 points, à 13.061,62 points. Le MDax des valeurs moyennes a de son côté lâché 0,10%, à 27.601,80 points;

La Bourse de Paris a clôturé quasi stable mardi (+0,01%). L'indice CAC 40 a pris 0,38 point à 5.008,27 points, au lendemain d'une forte hausse de 2,28%.

La Bourse de Londres a terminé en baisse de 1,11% mardi. A la clôture, l'indice FTSE-100 a perdu 67,72 points à 6.037,01 points.

Avis de brokers pour D'Ieteren, Melexis, Ackermans&van Haaren

D’Ieteren (+0,90 % à 50,30 euros) a vu son objectif descendre de 76 vers 69 euros chez ING, la recommandation étant confirmée à "acheter". L’analyste s’attend à un chiffre d’affaires "résilient" sur les ventes de nouvelles voitures, et estime que la valorisation du titre est actuellement très attractive. Il a néanmoins descendu ses attentes afin d’intégrer l’impact de la crise sanitaire. "La stratégie de la direction est convaincante dans sa volonté de créer de la valeur à long terme pour les actionnaires. D’Ieteren est un groupe cyclique de qualité qui ne présente pas de risque de solvabilité dans le contexte actuel".

Melexis (+2,52 % à 69,05 euros) a été maintenu à "conserver" chez Berenberg, qui a relevé fortement son objectif de 47,5 vers 70 euros. L’analyste reste attiré par les perspectives à long terme du groupe, qui seront soutenues par l’augmentation des besoins en semi-conducteurs dans les voitures modernes, "avec notamment la montée en puissance des voitures autonomes et électriques".

Ackermans&van Haaren (-0,16 % à 126,00 euros) a été remonté de "conserver" vers "acheter" chez ABN Amro, l’objectif étant relevé de 120 vers 145 euros. Cette révision est intervenue avant la publication des résultats semestriels, prévue pour la fin de la semaine. Dans le même temps, le courtier néerlandais a également relevé son avis sur CFE (-2,84 % à 65,10 euros) de "conserver" vers "acheter" avec un objectif passant de 80 vers 85 euros. "Nous estimons exagéré le pessimisme actuel sur les deux titres, et nous attendons des chiffres semestriels solides".

G.Se.