A la clôture, l'Euro Stoxx 50, l'indice de référence des marchés de la zone euro a perdu 1,80% malgré la publication d'un indicateur faisant état du rebond de l'activité privée en juillet dans la zone euro.

Au terme de la journée, Francfort a accusé les plus lourdes pertes avec une baisse de 2,02%. Milan a cédé 1,88%, Paris 1,54%, Londres 1,41% et Madrid 1,22%.

Les places boursières chinoises avaient également terminé en forte baisse. A Hong Kong, l'indice composite Hang Seng a clôturé en repli de 2,19%, la Bourse de Shanghai a plongé de 3,9% et celle de Shenzhen de 5%. La Bourse de Tokyo est fermée depuis jeudi en raison de jours fériés.

Aux Etats-Unis, Wall Street évoluait en baisse à la fermeture des bourses européennes: à 18H30 (16h30 GMT), son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, perdait 0,53%, l'indice élargi S&P 500 0,65% et le Nasdaq, à forte coloration technologique, continuait sa mauvaise période en reculant de 0,95%.

"La situation n'a cessé de se dégrader récemment entre les Etats-Unis et la Chine", résume David Madden, analyste de CMC Markets.

Pékin a ordonné vendredi la fermeture du consulat des Etats-Unis dans la grande ville de Chengdu (sud-ouest), trois jours après la décision américaine de fermer le consulat de Chine à Houston considéré par Washington comme "plaque tournante de l'espionnage" chinois et "du vol de propriété intellectuelle" américaine.

Cette "escalade des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, qui pourrait avoir d'énormes conséquences négatives sur le marché actions, est inquiétante", souligne Stephen Innes, stratégiste chez AxiCorp.

Les tensions sino-américaines, déjà alimentées par les différends commerciaux et les accusations sur l'origine du Covid-19, étaient montées d'un cran ces dernières semaines avec l'imposition par Pékin d'une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo avait appelé jeudi "le monde libre" à "triompher" de la "nouvelle tyrannie" incarnée selon lui par la Chine communiste.

Le reste de l'actualité n'a guère permis de contrebalancer cette tendance: la pandémie de Covid-19 est toujours mal contrôlée aux États-Unis, tandis que l'OMS s'est dite "inquiète" vendredi de la résurgence de l'épidémie dans plusieurs pays d'Europe.

Jeudi, un rebond des nouvelles demandes d'allocations chômage dans la première économie mondiale avait pesé sur les indices.

"Face à cette dégradation de la conjoncture économique, il ne fait aucun doute que les parlementaires américains vont devoir rapidement voter de nouvelles mesures pour soutenir les revenus des ménages", estiment les experts d'Aurel BGC.

En même temps, sur le Vieux Continent, la croissance de l'activité privée dans la zone euro a progressé en juillet, pour la première fois depuis février, atteignant même son niveau le plus élevé en deux ans, selon la première estimation vendredi de l'indice PMI composite du cabinet Markit.

Les indices PMI sur l'activité en France et au Royaume-Uni ont également progressé à un fort rythme.

Le retour de l'aversion au risque s'est cependant peu reflété dans les rendements obligataires, et les taux en France, Allemagne et Espagne ont augmenté légèrement."

Le point à la clôture:

La Bourse de Londres a terminé en forte baisse de 1,41% vendredi. A la clôture, l'indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 87,62 points à 6.123,82 points. Sur la semaine écoulée, il a lâché 2,65%;

La Bourse de Francfort a fini vendredi en nette baisse, le Dax cédant 2,02%. L'indice vedette a reculé de 265,33 points pour finir à 12.838,06 points. Le MDax des valeurs moyennes a de son côté cédé 2,42%, à 26.650,24 points;

La Bourse de Paris a terminé en nette baisse vendredi (-1,54%). L'indice CAC 40 a perdu 77,3 points à 4.956,43 points. La veille, il avait fini peu en dessous de l'équilibre (-0,07%). Sur la semaine, il recule de -2.23% et de 17,09% sur l'année.

Le zoom boursier: Facebook, le boycott publicitaire

Facebook a traversé sans trop de problème la crise boursière de ces derniers mois, avec une progression du cours de 13% depuis le début 2020. Ce rythme est toutefois en retrait des hausses affichées par des groupes comme Amazon (61%), Apple (26%) ou encore Netflix (48%). Dans un contexte marqué par une crise économique, des craintes existent aujourd’hui sur l’évolution des dépenses publicitaires qui se dirigeront vers les grands réseaux sociaux.

A ceci s’ajoute un problème d’image grandissant par rapport au contenu diffusé sur le principal réseau social américain, accentué par la perception d’un manque de volonté quant à la modération du contenu, notamment ceux à caractère haineux, racistes, sexistes ou politiquement orientés. Ceci a poussé de nombreux annonceurs (plus de 1000, dont Disney, Coca-Cola, Diageo, Starbucks, Pepsi, Unilever, Verizon, Ford) à diminuer leur budget, voire même carrément de boycotter la plate-forme pour les prochains mois. Et dans le même temps, les petits annonceurs (qui représentent les trois-quarts des rentrées publicitaires du groupe) sont également les plus affectés par la crise économique.

Le consensus reste encore assez favorable sur le titre, avec 40 avis d’achat pour 48 analystes, pour seulement 2 avis de vente. L’objectif moyen permet encore d’envisager un potentiel haussier d’environ 10% pour les 12 prochains mois. En outre, la valorisation n’a clairement pas atteint les excès de certains autres géants technologiques américains, avec un rapport cours/bénéfice de seulement 24 sur base du résultat attendu pour l’année prochaine, ce qui reste raisonnable pour un groupe dont la croissance bénéficiaire devrait encore dépasser en moyenne 20% pour les exercices 2020 à 2022.

Ce mercredi 29 juillet, Facebook publiera ses chiffres pour le deuxième trimestre 2020, et la direction sera très attendue pour fournir des commentaires quant à la vague de boycott qui a touché sa plate-forme ces derniers mois. Elle a jusqu’ici minimisé l’impact d’un boycott ou d’une interdiction des messages politiques durant la campagne présidentielle, mais la mise en place d’une modération plus agressive aura indubitablement un impact sur les coûts opérationnels tandis que la perte de revenus risque d’être sensible durant les prochains mois. Et en cas d’arrivée des démocrates à la présidence américaine en octobre prochain, Facebook risque également de se retrouver face à une administration qui sera pas complaisante.

G.Se.