• Le BEL 20, qui avait viré dans le rouge et creusé ses pertes après l'ouverture, réduisait la casse grâce à un rebond final dans un contexte de prudence, ses voisins restant eux-mêmes partagés. Notre indice de référence cédait finalement 0,23% à 3.491,16 points avec 14 de ses éléments en baisse.

"Le marché est dans l'expectative par rapport au sommet européen, qui peut être un catalyseur, mais il ne s'attend pas à une avancée concrète dans les jours qui viennent", décrypte à l'AFP Guillaume Garabedian, responsable de la gestion conseillée chez Meeschaert gestion privée.

Les 27 chefs d'Etat et de gouvernements se retrouvent physiquement à Bruxelles pour décider du plan de soutien à l'économie proposé par la Commission européenne.

Il est constitué de 750 milliards d'euros, 250 milliards de prêts et, surtout, 500 milliards de subventions qui n'auront donc pas à être remboursées par les Etats bénéficiaires.

La chancelière allemande Angela Merkel, favorable au plan, a dit s'attendre à "de très difficiles négociations", qui pourraient s'étaler sur tout le week-end.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, chef de file des pays "frugaux" et réticents au plan dans sa forme actuelle, a estimé les chances d'un succès "à moins de 50%".

"En cas d'avancée significative, le marché pourrait en bénéficier à court terme", estime M. Garabedian. Pour l'instant, le CAC manque de "carburant" pour perpétuer la tendance à la hausse, qui l'a ramené au-dessus des 5.000 points après les plus bas de mars.

Les résultats des entreprises sont "meilleurs qu'attendus", mais "les attentes étaient tellement faibles que le marché se contente de l'absence de mauvaises nouvelles".

"Sans accord européen, ce n'est pas un contexte facile pour battre de nouveaux plus haut" malgré le soutien des banques centrales, avance M. Garabedian.

Loyers impayés

La crise sanitaire continue de frapper les Etats-Unis, pays le plus touché et dont le nombre de nouvelles contaminations continue de battre des records.

La confiance des consommateurs américains s'est érodée plus que prévu au début du mois de juillet, d'après l'estimation préliminaire de l'enquête de l'Université du Michigan. Par ailleurs, près d'un Américain sur six n'a pas pu payer son loyer en juin, selon des données du Bureau du recensement.

Ce mouvement peut fragiliser la reprise de la première économie mondiale qui se matérialise dans d'autres indicateurs: les mises en chantier de logements ont bondi de 17,3% en juin par rapport à mai, à un niveau inférieur toutefois à celui de juin 2019.

Plusieurs pays d'Europe durcissent également de nouveau les mesures anti-Covid, comme l'Espagne où près de 4 millions d'habitants de l'agglomération de Barcelone sont appelés, depuis vendredi, par le gouvernement régional catalan à "rester chez eux" sauf pour des raisons de première nécessité.

L'autre menace sous-jacente est la reprise des tensions entre les Etats-Unis et la Chine. Le président américain Donald Trump n'a "rien exclu" sur d'éventuelles sanctions concernant la Chine, a affirmé jeudi la Maison Blanche.

Le point à la clôture:

La Bourse de Francfort a clôturé en légère hausse vendredi, le Dax gagnant 0,35%. L'indice vedette est monté de 44,64 points à 12.919,61 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes a perdu 0,47% à 26.937,43 points;

La Bourse de Paris a terminé en baisse pour la deuxième fois consécutive vendredi. L'indice CAC 40 a perdu 15,8 points à 5.069,42 points. La veille, il avait cédé 0,46%. Toutefois, la semaine dans son ensemble est positive, avec un gain de 1,99%, réduisant la perte à 15,20% depuis le 1er janvier;

La Bourse de Londres a terminé en hausse vendredi. L'indice FTSE-100 a pris 0,63% à 6.290,30 points.

Le zoom boursier: Thermo Fisher, la biotech indirecte

La pandémie de coronavirus pèse sur de nombreux pans de l’économie mondiale. Thermo Fisher est toutefois un des principaux bénéficiaires de cette crise. Le groupe américain affiche une des performances boursières les plus explosives, avec un cours qui a été pratiquement multiplié par huit durant les dix dernières années et une capitalisation boursière du groupe qui dépasse désormais les 150 milliards de dollars. La crise économique n’a pas eu de prise sur le groupe, avec une hausse boursière qui atteint plus de 20% depuis le début 2020 en dépit d’un consensus qui s’attend à une contraction du résultat net pour l’exercice en cours.

Ce qui rend ce groupe particulièrement attirant est son exposition indirecte sur le secteur biotech. En étant le principal fournisseur d’équipements de laboratoire (spectromètre de masse, microscopes, manomètres, diagnostics) et de consommables (réagents, tubes, flacons, etc), le groupe est directement exposé sur les dépenses d’investissements réalisée par les groupes biotechs et pharmaceutiques. En outre, Thermo Fisher est largement diversifié au niveau international, avec 25% de l’activité provenant de l’Europe, contre 21% de l’Asie tandis que l’Amérique du Nord représente environ 50%.

Sans trop de surprise, le consensus reste très favorable sur les perspectives à moyen terme, avec 14 avis favorables sur 19. Le cours a tendance à dépasser régulièrement l’objectif médian, mais la trajectoire stratosphérique de l’activité a poussé des révisions régulières du consensus. L’objectif moyen a été multiplié par deux depuis janvier 2019. Et l’acquisition récemment annoncée de Qiagen (spécialiste allemand des diagnostics moléculaires) pour 11 milliards de dollars va permettre de renforcer la dynamique sur le continent européen. La valorisation est très élevée, mais la croissance attendue du résultat par action (+15% par an pour la période 2020-2022) justifie un optimisme qui reste intact chez les analystes.

Après avoir annoncé d’excellents chiffres au bout des trois premiers mois de l’année, la direction a déjà annoncé au début du mois de juillet qu’elle dépassera les attentes du marché à l’issue du deuxième trimestre, en raison d’une activité très soutenue durant les mois de crise liée au coronavirus. Thermo Fisher est en effet un des principaux fournisseurs de tests en vue de dépister les malades de l’épidémie. Le groupe annoncera ses résultats pour le deuxième trimestre ce mercredi 22 juillet.

G.Se.