Les marchés ont effectué "un réajustement par rapport au trou d'air de la semaine dernière", sans qu'il y ait vraiment d'autres motifs que la fermeture des marchés américains (Labour Day), note Alexandre Baradez, analyste à IG France.

Les marchés actions ont subi une baisse généralisée en fin de semaine dernière, en particulier ceux qui avaient fortement progressé jusque-là, notamment les valeurs technologiques.

"Il n'y a pas de raisons politiques, ni sur le plan des matières premières ou des taux" pour expliquer le rebond de la séance, commente M. Baradez, interrogé par l'AFP.

Le marché évite peut-être d'être en position vendeur avant la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne jeudi. Les investisseurs s'attendent également à du "pragmatisme" dans les discussions entre Londres et Bruxelles sur le Brexit à l'approche de la fin de la période de transition.

"L'orage de la semaine dernière est arrivé par le secteur technologique aux Etats-Unis", rappelle M. Baradez.

Rotation sectorielle ?

Le reste de la semaine permettra de savoir "s'il s'agit d'une simple correction ou si ça traduit une fin d'appétit débridé pour les valeurs technologiques américaines", estime l'expert.

Les marchés américains rouvriront mardi après un jour férié. "Si tout repart à la baisse, cela traduira une aversion globale aux actifs risqués", souligne l'analyste.

Par ailleurs, des informations de presse ont fait état de l'achat par le groupe japonais Softbank de très grosses quantités d'options sur les marchés financiers, ayant engendré un vent d'inquiétude sur les marchés américains.

Le mastodonte japonais des investissements dans les nouvelles technologies SoftBank Group aurait acheté pour quatre milliards de dollars de ces produits dérivés selon le Financial Times, ce qui soulève des doutes sur la soutenabilité de la reprise des indices américains.

Le point à la clôture:

La Bourse de Francfort a fini lundi en nette hausse, le Dax gagnant 2,01%. L'indice vedette a gagné 257,62 points, à 13.100,28 points. Le MDax des valeurs moyennes a de son côté pris 2,47%, à 27.567,09 points;

La Bourse de Paris s'est redressée lundi (+1,79%). L'indice CAC 40 a pris 88,65 points pour clôturer à 5.053,72 points. Sur l'ensemble de la semaine dernière, il avait perdu 0,76%;

La Bourse de Londres dopée par l'accès de faiblesse de la livre (2,31+%). L'indice FTSE-100 des principales valeurs a rebondi de 2,31% à 5.933,12 points, après avoir notamment perdu du terrain lors des deux séances précédentes.

Avis de brokers pour Sioen, Ageas, Shurgard

Sioen (-1,8% à 18,9 euros) a vu son objectif relevé de 19 vers 20,5 euros chez KBC Securities, la recommandation étant confirmée à "conserver". Cette révision est intervenue suite à la publication de résultats semestriels qui ont montré un bon niveau de rentabilité grâce à la baisse des cours pétroliers, tandis que la direction a également mis en place des mesures afin de limiter la hausse des coûts. "Le groupe s’attend à une poursuite des conditions difficiles durant la seconde partie de l’année".

Ageas (+0,7% à 36,04 euros) a été confirmé à "surpondérer" chez JP Morgan Cazenove, qui a également relevé son objectif de 47 vers 50,9 euros à l’occasion de la publication d’une étude consacrée aux assureurs européens à l’issue des résultats pour le premier semestre. L’analyste apprécie les groupes qui disposent d’une situation financière solide et qui ont montré une volonté d’augmenter les versements en faveurs des actionnaires. NN Group est Allianz sont les deux autres grands noms du secteur conseillés par le courtier anglo-saxon.

Shurgard (+0,1% à 38,7 euros) a reçu un premier avis "conserver" de la part de Kepler Cheuvreux, avec un objectif fixé à 38 euros. "Le groupe est le leader incontesté au niveau européen, avec une portefeuille (3 milliards d’euros diversifié sur 7 pays) qui est pratiquement le double de son plus proche concurrent. Il s’agit toutefois d’un secteur d’activité qui est encore très jeune et fragmenté en Europe, avec beaucoup de liberté pour consolider. Le niveau actuel du cours n’est toutefois pas spécialement attractif".

G.Se.