"Les sautes d'humeur du marché se poursuivent et l'élan d'hier a été vite perdu", constate Milan Cutkovic, analyste chez AxiCorp. "En outre, les gains obtenus au cours des récentes séances, particulièrement dans le secteur de la haute technologie, ont suscité des prises de bénéfices", commente-t-il.

Les investisseurs cherchaient à analyser la première salve de résultats américains et une poignée d'indicateurs économiques des deux côtés de l'Atlantique.

Plusieurs grandes banques américaines, inquiètes des conséquences de la pandémie sur la santé financière de leurs clients, ont mis des milliards de dollars de côté pour faire face aux impayés même si certaines ont bien profité de l'envolée de leurs activités sur les marchés.

Les prix à la consommation sont repartis à la hausse en juin aux États-Unis, à +0,6%, après trois mois de recul en raison de la crise du Covid-19.

En Europe, le moral des investisseurs allemands a légèrement baissé en juillet, mettant un coup d'arrêt au fort rebond entamé en avril, selon le baromètre ZEW, moins bon qu'attendu par les analystes.

L'économie britannique, qui s'est brutalement contractée en mars et avril avant un maigre rebond en mai, fait face à sa pire récession "en 300 ans" à cause de la pandémie, selon l'Office de responsabilité budgétaire (OBR), organisme public de supervision du budget gouvernemental.

Le rétablissement de mesures de confinement sur tous les continents a aussi alimenté la méfiance des investisseurs.

Nouvelles mesures de confinement

"Le nombre de cas de Covid-19 ne sème pas encore la panique, mais certains intervenants sur le marché sont préoccupés par la tendance aux États-Unis" où l'annonce de nouvelles mesures de confinement prises par la Californie a jeté un froid, selon M. Cutkovic.

En Inde aussi, le grand État du Bihar (nord) a annoncé le reconfinement à partir de jeudi et pour deux semaines de ses quelque 125 millions d'habitants afin de freiner l'épidémie.

Par ailleurs, les tensions entre les deux premières puissances économiques mondiales se sont encore aggravées.

La Chine a annoncé mardi son intention de prendre des sanctions contre le groupe américain d'armement Lockheed Martin, quelques jours après que les États-Unis ont approuvé un contrat potentiel de 620 millions de dollars (545 millions d'euros) pour la modernisation de missiles destinés à Taïwan.

Côté pétrole, la production de l'Opep a de nouveau reculé au mois de juin et les pays membres du cartel entendent prolonger en juillet la baisse historique de production à laquelle ils s'astreignent depuis le 1er mai pour soutenir des cours en chute libre à cause de la crise du Covid-19.

Le point à la clôture:

La Bourse de Francfort a clôturé en baisse mardi, le Dax perdant 0,80%. L'indice vedette a perdu 102,6 points à 12.697,36 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes a cédé 1,09% à 26.689,70 points;

La Bourse de Paris a fini en recul mardi (-0,96%). L'indice CAC 40 a cédé 48,77 points à 5.007,46 points. La veille, il avait fini en hausse de 1,73%;

La Bourse de Londres a effacé mardi en fin de séance ses pertes du début de journée. L'indice FTSE 100 des principales valeurs a pris 3,56 points à 6.179,75 points.

Avis de brokers pour Umicore, Mithra, Celyad

Umicore (-0,96 % à 44,76 euros) a vu ses objectifs relevés à deux reprises, de 37 vers 42 euros chez Sanford Bernstein (" performance en ligne") et de 25 vers 28 euros chez Morgan Stanley (" sous-pondérer"). Chez ce dernier courtier, l’analyste souligne que le groupe belge reste un des valeurs qu’il déconseille actuellement sur le secteur chimique européen. "Nous tablons sur un ralentissement des perspectives de croissance et de la rentabilité à long terme". KBC Securities s’est intéressée à deux valeurs biotech francophones.

Mithra (-1,18 % à 18,48 euros) a été maintenue à "acheter" chez KBC Securities, avec un objectif fixé à 33,50 euros suite à l’annonce d’un accord de commercialisation pour Myring sur le marché mexicain avec Megalabs. "Les prochaines années vont être riches en nouvelles pour le groupe, avec les approbations attendues pour Estelle et Myring aux États-Unis et les données de phase III pour le Donesta".

Celyad (+11,67 % à 9,75 euros) a de son côté été maintenu à "accumuler" chez KBC Securities, avec un objectif de 18 euros. CP Invest (+0,72 % à 27,85 euros) a été confirmé à "ajouter" chez Degroof Petercam, l’objectif étant fixé à 33 euros suite aux récentes acquisitions réalisées par le groupe en Belgique, aux Pays-Bas et en Espagne. "Même si nos attentes bénéficiaires ont été peu affectées par ces opérations, elles ont toutefois constitué des étapes stratégiques importantes qui offrent désormais une meilleure visibilité sur les résultats du groupe". L’analyste souligne qu’il s’attend à de nouvelles opérations durant le second semestre.