Wall Street évoluait en ordre dispersé après l'ouverture de la séance. A 18h45 (16H45 GMT), l'indice vedette, le Dow Jones avançait de 0,39%, l'indice élargi S&P 500 de 0,19% mais l'indice à forte coloration technologique Nasdaq reculait de 0,39%.

"Il n'y a pas eu de réaction particulièrement positive au discours de Powell sur les marchés européens, même si la Fed a laissé la porte ouverte à une politique extrêmement agressive" sur le plan monétaire, estime David Madden, analyste de CMC Markets.

Si les annonces n'étaient pas forcément "attendues" par les marchés, elles étaient "dans l'air du temps" et donc pas complètement surprenantes, explique de son côté Alexandre Neuvy, responsable de la gestion privée chez Amplegest.

Priorité à l'emploi

Concrètement, la Fed pourrait laisser l'inflation rester au-dessus de l'objectif de 2,0% "pendant un certain temps" avant de devoir augmenter ses taux d'intérêt, a expliqué Jerome Powell, intervenant en vidéo à l'occasion de la réunion annuelle des banquiers centraux.

La Fed "cible désormais l'inflation sur une période: on peut avoir des pics d'inflation sans que cela n'entraîne une réaction immédiate", détaille M. Neuvy.

La Fed a également dressé le tableau d'une économie américaine "saine", mais où le chômage pourrait rester élevé pendant longtemps, en particulier dans les secteurs les plus durement affectés par la crise économique et qui emploient des personnes moins qualifiées, a averti M. Powell.

Il a assuré que l'institution devait "être aux côtés de ces personnes" pour "les soutenir et les aider à reprendre une vie professionnelle", même si cela pourrait prendre "plusieurs années".

Toutefois, "aucun nouvel outil spécifique n'a été annoncé", pointe Jack Janasiewicz, gérant de portefeuille pour Natixis Investment Managers, ce qui "laisse ouvert le débat sur les contraintes de la politique monétaire, alors que nous nous approchons du plancher [des taux] zéro."

Le marché obligataire a été plus nerveux jeudi, étant en nette baisse avant le discours de Jerome Powell, avant de remonter assez brutalement lors de son intervention, puis de redescendre pour terminer proche des niveaux de clôture de la veille.

Le message de Powell "était peut-être un peu compliqué à lire pour certains opérateurs", qui ont pu réagir à l'évocation d'un taux d'inflation supérieur à 2%, estime à l'AFP Cyril Regnat, stratégiste obligataire chez Natixis.

Dans le même temps, le marché des changes a aussi subi quelques secousses avec les variations du dollar avant de se stabiliser.

Parmi les valeurs du jour, en France, Bouygues a gagné 1,25% à 33,93 euros. Le groupe est tombé dans le rouge au premier semestre notamment en raison de l'arrêt des chantiers pendant la crise sanitaire, mais a assuré être redevenu rentable depuis.

A Londres, le géant de la publicité WPP a basculé dans le rouge au premier semestre avec une perte nette de 2,6 milliards de livres. Il estime toutefois avoir passé le plus dur au deuxième trimestre, tout en annonçant un retour du dividende, ce qui a fait grimper le titre de 6,47% à 664,40 pence. Dans son sillage en France, Publicis a gagné 2,42% à 30,44 euros.

A Francfort, le livreur de repas Delivery Hero, entré lundi au Dax à la place de Wirecard, a publié jeudi un bilan pour le premier semestre 2020 marqué par une perte opérationnelle malgré la hausse des ventes. Il a perdu 4,72% à 90,82 euros.

Priorité à l'emploi sur l'inflation

Concrètement, la Fed pourrait laisser l'inflation rester au-dessus de l'objectif de 2,0% "pendant un certain temps" avant de devoir augmenter ses taux d'intérêt, a expliqué Jerome Powell, intervenant en vidéo à l'occasion de la réunion annuelle des banquiers centraux.

La Fed "cible désormais l'inflation sur une période: on peut avoir des pics d'inflation sans que cela n'entraîne une réaction immédiate", détaille M. Neuvy.

Le retour à une inflation plus forte est "une grande thématique" selon lui, et peut être alimenté par le rebond des prix du pétrole ou par les prix immobiliers.

Les promesses de ventes de logements aux Etats-Unis ont augmenté pour le troisième mois consécutif en juillet (+5,9%). En glissement annuel, les ventes ont augmenté de 15,5%, selon les chiffres publiés jeudi.

Aucun nouvel outil

Si l'économie des Etats-Unis reste "saine", le chômage pourrait rester élevé pendant longtemps, en particulier dans les secteurs les plus durement affectés par la crise économique et qui emploient des personnes moins qualifiées, a averti M. Powell.

Il a assuré que la Fed devait "être aux côtés de ces personnes" pour "les soutenir et les aider à reprendre une vie professionnelle", même si cela pourrait prendre "plusieurs années".

Toutefois, "aucun nouvel outil spécifique n'a été annoncé", pointe Jack Janasiewicz, gérant de portefeuille pour Natixis Investment Managers, ce qui "laisse ouvert le débat sur les contraintes de la politique monétaire, alors que nous nous approchons du plancher [des taux] zéro."

Le point à la clôture:

La Bourse de Francfort a fini jeudi en baisse, le Dax cédant 0,71%. L'indice vedette a reculé de 93,79 points, à 13.096,36 points. Le MDax des valeurs moyennes a de son côté lâché 0,67%, à 27.673,74 points;

La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,64%. L'indice CAC 40 a reculé de 32,46 points à 5.015,97 points, après un début de semaine où il avait fortement progressé. Le volume d'échanges a continué d'évoluer dans une fourchette basse, à 2,3 milliards d'euros;

La Bourse de Londres a terminé en baisse de 0,75%. A la clôture, l'indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 45,61 points à 5.999,99 points.

Avis de brokers pour Deceuninck, IBA, Barco

Deceuninck (-1% à 1,56 euros) a été maintenu à "conserver" chez ING, qui a toutefois descendu son objectif de 2 vers 1,7 euros. L’analyste apprécie les résultats semestriels, qui sont ressortis au-dessus de ses attentes, mais il estime que l’activité du groupe reste cyclique, et que l’exposition sur les marchés émergents risque de faire pression sur les marges opérationnelles. "Une interdiction du plomb dans le PVC recyclé pourrait réduire la rentabilité de l’activité de recyclage du groupe".

IBA (+1% à 9,42 euros) a vu son objectif grimper de 9 vers 11 euros chez KBC Securities, la recommandation étant maintenue à "accumuler" suite à l’annonce d’un accord historique pour pénétrer le marché chinois. De son côté, Degroof Petercam a mis son objectif (13 euros) et son avis ("accumuler") sous révision, en constatant que la pression sur les marges bénéficiaires reste importante. "Le manque de visibilité à long terme reste une source d’inquiétude, ce qui nous pousse à rester prudent sur les perspectives du titre".

Barco (+1,5% à 17,86 euros) a été maintenu à "acheter" chez Berenberg, qui a relevé son objectif de 25,71 vers 27,40 euros. L’analyste souligne que l’activité liée aux salles de cinéma risque d’être durablement impactée par la crise du coronavirus. "Nous pensons toutefois que le niveau déprimé du cours constitue un point d’entrée attractif, d’autant qu’un produit comme ClickShare va bénéficier de la croissance des besoins dans le domaine des vidéoconférences et que les perspectives restent également favorables dans l’imagerie médicale".

G.Se.