La Banque centrale européenne (BCE) a reconnu jeudi que l'économie progressait moins bien que prévu en zone euro sur fond de risques internationaux, nécessitant un soutien monétaire encore important, selon le président de l'institution Mario Draghi. 

"Les récents développements économiques ont été plus faibles que prévu et les incertitudes, liées notamment à des facteurs mondiaux, demeurent importantes", a déclaré M. Draghi lors d'une audition plénière devant le Parlement européen à Strasbourg.

"Donc, il n'y a pas de place pour la complaisance", a-t-il ajouté, alors que M. Draghi s'adressait pour la dernière fois à l'ensemble des députés européens avant de passer la main en octobre prochain.

Ce contexte rend selon lui nécessaire de mener une "importante politique de relance monétaire" pour aider à faire remonter les prix au niveau recherché par l'institution sur le moyen terme, soit un taux d'inflation inférieur mais proche de 2%, a développé le banquier central.

Depuis qu'elle a mis un terme fin décembre à ses rachats nets d'actifs publics et privés sur le marché, censés doper l'économie et les prix, la BCE garde dans son arsenal de mesures: d'une part ses anticipations d'actions sur les taux directeurs, dont le niveau est actuellement au plus bas; et d'autre part le réinvestissement du stock considérable d'actifs acquis, qui s'élevait à environ 2.600 milliards d'euros à fin décembre dernier.

La BCE se réunira jeudi 24 janvier pour décider de l'avenir de sa politique monétaire. Les observateurs s'attendent au statu quo dans un climat économique qui suscite toujours plus d'inquiétude.

Longtemps locomotive de la zone euro, l'économie allemande a ralenti comme attendu l'an dernier, avec une hausse de 1,5% sur un an du produit intérieur brut contre 2,2% en 2017, a annoncé mardi l'Office fédéral allemand des statistiques.