Les grands indices de Wall Street alternaient brusquement entre pertes et profits lundi, les investisseurs restant très nerveux malgré les promesses des banques centrales de soutenir une économie touchée de plein fouet par le nouveau coronavirus.

Le Dow Jones Industrial Average, qui s'est effondré de plus de 12% la semaine dernière, a ainsi nettement rebondi à l'ouverture, avant de passer dans le rouge peu après la publication d'un indicateur décevant sur l'activité manufacturière aux Etats-Unis, puis de se ressaisir.

Vers 15H30 GMT, il évoluait en hausse de 0,43% à 25.517,88 points.

Après avoir suivi peu ou prou les mêmes fluctuations, le Nasdaq était proche de l'équilibre, abandonnant 0,03%, à 8.564,67 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, grapillait 0,08%, à 2.956,72 points.

S'affolant des conséquences potentiellement ravageuses pour l'activité des entreprises et la croissance mondiale de la propagation de l'épidémie de pneumonie virale, les indices avaient encaissé la semaine dernière leur pire dégringolade depuis la crise financière de 2008.

Dans le même temps, les investisseurs se sont rués vers la dette américaine, jugée moins risquée que les actions. Signe d'une forte demande, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor a encore plongé lundi jusqu'à 1,028% avant de se reprendre un peu.

Ce taux "continue de baisser face aux inquiétudes croissantes concernant les effets économiques négatifs du coronavirus, qui ne cesse de s'étendre", commente Patrick O'Hare de Briefing.

Ces inquiétudes se sont intensifiées ce week-end aux États-Unis avec la confirmation de deux premiers décès liés au nouveau coronavirus, le signalement de premiers cas dans les Etats de New York et Rhode Island, et l'annonce de malades supplémentaires dans les Etats de Californie et de Washington.

Mais "la véritable inquiétude", estime M. O'Hare, réside peut-être "dans l'empressement des banques centrales à se déclarer prêtes à agir si nécessaire".

Vendredi, le président de la Réserve fédérale Jerome Powell a notamment pris l'initiative inhabituelle de publier un communiqué assurant que l'institution utiliserait les outils à sa disposition pour soutenir l'économie.

Cette intervention avait permis aux indices de se ressaisir un peu et de limiter leurs pertes vendredi, augmentant ainsi "la probabilité d'un rebond réflexe sur les marchés", souligne Sam Stoval de CFRA.

Les investisseurs évaluent désormais à 100% la probabilité d'une baisse des taux d'un demi point de pourcentage --un geste rare-- lors de la prochaine réunion de la Fed, selon l'évaluation des produits à terme de CME Group.

Le gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a aussi assuré lundi que son institution ferait tout son possible pour "garantir la stabilité des marchés financiers".

"Il y a quelques semaines à peine, toutes ces banques centrales pensaient avoir le luxe de regarder et d'attendre, mais ce luxe leur a apparemment été volé par la propagation du coronavirus et les efforts entrepris dans le monde pour contenir sa propagation", remarque M. O'Hare.

Le nouveau coronavirus frappe désormais au moins 69 pays et territoires. Il a forcé des usines à fermer, des entreprises à limiter drastiquement les déplacements professionnels, des compagnies aériennes à réduire leurs vols.

Nombre de multinationales ont déjà prévenu que leurs résultats financiers allaient en pâtir et des économistes révisent à la baisse leurs prévisions de croissance mondiale.

Particulièrement affectés par la récente déroute des marchés, les géants du secteur technologique évoluaient en ordre dispersé lundi, Apple et Microsoft prenant par exemple 2,43% et 0,30% respectivement, tandis qu'Alphabet et Facebook cédaient 0,83% et 1,42%.

Twitter pour sa part bondissait de 6,78% après l'intervention du fonds d'investissement activiste Elliott qui, selon la chaîne d'informations CNBC, cherche à faire remplacer son patron et fondateur Jack Dorsey, qui est aussi à la tête de Square et a récemment émis le souhait de travailler partiellement depuis l'Afrique.