Les opérateurs repositionnent leurs portefeuilles en vue d'une récession mondiale ce lundi. Sur le marché pétrolier, on assiste à un véritable krach.

  • A la Bourse de Bruxelles, l'indice Bel 20 plonge de près de 6%, l'attirant ainsi en marché baissier (repli de plus de 20% depuis son niveau le plus haut).
  • La Bourse de Londres s'effondre de plus de 8% à l'ouverture
  • La Bourse de Francfort plonge de 7,4%.
  • La Bourse de Madrid plonge de près de 7%. Le secteur bancaire chute particulièrement lourdement.

La semaine a très mal commencé pour les opérateurs sur les marchés financiers. Après les annonces des mesures de confinement en Italie, les gestionnaires ont entamé les grandes manoeuvres en vue de protéger leurs portefeuilles d'une probable récession à l'échelle de la planète. Les conséquences de l'épidémie sont désormais plus palpables, et elles seront très lourdes sur pratiquement tous les segments de la vie économique.

L'absence d'accord entre les pays producteurs de pétrole vendredi, qui avait déjà fait plonger les prix du baril de brut vendredi, s'est fait sentir aux premières heures de la journée, avec une chute de près de 30% des prix sur les marchés à terme des matières premières, à 29,77 dollars le baril, avant une reprise technique limitant les pertes à une vingtaine de pour-cent. Les opérateurs, voyant dans la chute des prix une manoeuvre brutale de l'Arabie Saoudite destinée à ramener ses partenaires autour de la table des négociations, semblent retrouver leurs esprits. La chute du prix du baril va conduire une série de producteurs américains à fermer boutique, leur coût de production étant bien supérieur aux niveaux du marché. Les autres matières premières ont également entamé une phase de repli.


En conséquence, les actions cotées à Sydney ont lourdement chuté ce matin, l'indice de référence de la Bourse australienne chutant de 7,40%. Chute aussi des cours en Asie, avec un plongeon des cours à la Bourse de Tokyo (-5%), et une reprise de la baisse sur les places chinoises de l'ordre de 3 à 4%. Hong Kong a plongé de 4,6. Sur les places européennes, les indices suivent évidemment la tendance. A l'ouverture, l'indice Eurostoxx 50 montre une chute de 6,50% des plus grosses valeurs des places européennes. Les principales places européennes ont déjà gommé l'essentiel des gains de 2019 et de 2020. Aux Etats-Unis, les contrats de "futures" sur les indices de référence affichent déjà un recul de près de 5%.

A la Bourse de Bruxelles, l'indice Bel 20 a chuté de 7% dès les premiers échanges, avec toutes ses composantes dans le rouge. Pour ceux qui en doutaient, nous sommes bien entrés dans un marché baissier. Parmi les valeurs de l'indice de référence de la Bourse de Bruxelles, ING affiche la plus mauvaise performance avec une dégringolade de 14% Aperam chute de 11%. Galapagos et Solvay reculent de 9%, emmenant les autres valeurs dans leur sillage. Ackermans & Van Haaren résiste en ne cédant que 3%.

A la Bourse de Paris, l'indice CAC 40 cède près de 7%. Les baisses les plus importantes sont notées au sein des valeurs industrielles, de l'automobile et des banques. Arcelo-Mittal chute lourdement de près de 16%, Renault et Peugeot de 12 et 10%. Au sein des banques en recul de plus de 10%, Société Générale se détache avec un plongeon de 14%. Ailleurs en Europe, les pertes sont très lourdes aussi, avec un recul de près de 6% des valeurs allemandes, ces dernières étant souvent tributaires de la santé de leurs exportations. Deutsche Bank mène les baisses avec une chute de 11%, devant Daimler (-9%), BASF et Volkswagen. Milan affiche la perte la plus lourde, bien entendu, avec un indice MIB qui perd 8,6%. Les pétroliers Saipem et ENI perdent 18%, le secteur bancaire 10%. Idem à  Londres où les pétrolières BP et Royal Dutch Shell abandonnent près de 20%. Les banques perdent 10%. Tout le secteur minier est bradé. Anglo American cède 9%, Antofagasta, 7%.

Comme la semaine passée, les investisseurs cherchent désespérément des valeurs refuges pour leurs capitaux, ce qui profite à l'euro, en très forte progression (+1,25%) à 1,14 dollar. Les cambistes achètent aussi du yen, en forte hausse face au dollar et à l'euro. L'once d'or recule légèrement à 1.663 dollars. Ce qui est inquiétant: cela voudrait dire que les investisseurs vendent tout en panique. Les yeux des opérateurs restent rivés sur la Banque centrale européenne dont on espère un geste de soutien. Le mouvement d'achat d'obligations de première qualité se poursuit: chez nous, le rendement de l'obligation d'Etat à 10 ans est de -0,338% contre -0,27% vendredi. Le rendement du bund allemand à 10 ans est à -0,74%.

© AFP