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Facebook ne lancera pas sa nouvelle cryptomonnaie Libra avant d'avoir répondu à toutes les préoccupations des régulateurs, promet le responsable du projet au sein du groupe américain, David Marcus.

"Nous savons qu'il nous faut prendre le temps de faire les choses bien. Et je veux être clair: Facebook n'offrira pas la monnaie numérique Libra avant d'avoir répondu à toutes les inquiétudes sur la réglementation et d'avoir reçu toutes les autorisations appropriées", est-il écrit dans le texte d'un témoignage qu'il doit prononcer mardi devant le Sénat américain et qui a été rendu public lundi.

La cryptomonnaie, promise pour 2020 par Facebook, suscite de plus en plus d'inquiétudes parmi les régulateurs internationaux, les banquiers centraux et les responsables politiques. Le sujet est même à l'agenda d'une réunion des ministres des Finances du G7 qui doit se tenir mercredi et jeudi près de Paris.

Plus d'un an d'étude

Le président de la Banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell a prévenu jeudi que l'étude du projet par les autorités régulatrices du secteur financier américains allait prendre plus d'un an.

M. Powell "a clairement indiqué que l'examen (...) devait prendre son temps et être minutieux plutôt que d'être un sprint avant la mise en oeuvre" du projet, reconnaît M. Marcus dans son témoignage. "Nous sommes entièrement d'accord."

"En fait, je m'attends à ce que ce soit l'examen le plus large, le plus complet, le plus prudent jamais effectué par les régulateurs et les banques centrales pour le lancement d'un projet dans le secteur des nouvelles technologies appliquées à la finance", remarque-t-il.

Washington met en garde

De son côté, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a mis en garde contre une mauvaise utilisation des cryptomonnaies, comme la Libra que Facebook entend lancer. 

"Le Trésor a de très grandes inquiétudes sur la Libra, qui peut être mal utilisée pour blanchir de l'argent" par exemple, a affirmé M. Mnuchin. Il a ajouté que Facebook "allait avoir beaucoup de travail à faire pour convaincre" l'administration Trump qu'il peut mettre en place cette monnaie. Cette dernière devra "respecter un niveau très élevé" de règlementation, a-t-il insisté.

Un nouveau mode de paiement

Avec la création de cette monnaie numérique offrant un nouveau mode de paiement en dehors des circuits bancaires traditionnels, annoncée mi-juin, Facebook veut bouleverser le système financier mondial. Ce qui donne des sueurs froides à certains Etats, inquiets de voir des entreprises privées s'engager sur ce terrain.

Mais l'entité indépendante qui doit chapeauter la Libra, basée à Genève et regroupant plusieurs entreprises, "n'a aucune intention d'entrer en concurrence avec les devises souveraines ou d'entrer dans l'arène des politiques monétaires", affirme M. Marcus dans son témoignage.

Cet organisme de gouvernance, l'association Libra, répondra aussi à toutes les réglementations liées à la nouvelle technologie de la blockchain, à la base de nombreuses cryptomonnaies, ainsi qu'aux lois contre le blanchiment d'argent ou sur la protection des données des utilisateurs, assure-t-il.