L'Europe a préparé une liste de produits américains à taxer si les USA taxent des marchandises européennes.

La Commission européenne a publié mercredi une très longue liste préliminaire de produits américains qui pourraient être frappés de taxes douanières, à hauteur de 12 milliards de dollars, soit "le préjudice que l’Europe estimait subi par Airbus, du fait des aides des États-Unis à Boeing".

Pour rappel, un contentieux oppose l’Union européenne aux États-Unis depuis 14 ans, chacun accusant l’autre d’octroyer des subventions à son avionneur. L’affaire est portée devant l’Organisation mondiale du commerce, dont les conclusions sont saisies par les deux entités pour affirmer qu’elles ont raison. Le litige est donc loin d’être réglé et le président américain Donald Trump a tweeté le 9 avril que les subsides à Airbus causaient un préjudice à son pays et que cela allait "cesser bientôt". Il propose de taxer pour 11 milliards de dollars de produits européens, dont des fromages, du jambon et des olives.

Ketchup, vodka, engins de chantier

L’Union veut donc proposer une réplique, si le président mettait sa menace à exécution. Dans le viseur des Européens, on trouve entre autres de nombreux produits de la mer, des fruits, légumes, fruits secs, huiles, café, thé, cacao en poudre, chocolat, sucre, jus de fruits, du ketchup et du vin mais aussi du tabac, de la vodka, des bagages en cuir, des consoles de jeux, des billards, des huiles essentielles, des bandages, des pièces détachées pour vélos et motos et des engins de chantier, probablement de la marque Caterpillar.

"Soyons clairs, il ne s’agit pas de rendre coup pour coup. Même si nous devons préparer des contre-mesures dans l’éventualité où il n’y aurait pas d’autre issue, je continue de penser que le dialogue est la solution qui devrait s’imposer entre des partenaires importants comme le sont l’Union européenne et les États-Unis, y compris pour mettre un terme à ce long différend. L’Union reste ouverte à des discussions avec les États-Unis, pour autant qu’aucun préalable ne soit posé et qu’une issue équitable soit recherchée", a déclaré mercredi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

Ces menaces réciproques tombent en effet à un assez mauvais moment puisque le Conseil européen a donné officiellement mandat lundi à la Commission pour ouvrir des négociations commerciales avec les États-Unis, en vue de conclure un nouvel accord de libre-échange portant sur les biens industriels.