Les marchés semblent "déconnectés" de la réalité économique, atteignant des sommets malgré la récession mondiale provoquée par la pandémie de Covid-19, et pourraient subir une sévère correction, a mis en garde jeudi le Fonds monétaire international. Les principales places boursières ont rebondi depuis leur creux en mars, "récupérant dans l'ensemble environ 85% de leur niveau moyen de mi-janvier", estime-t-il dans son dernier rapport sur la stabilité financière mondiale (GFSR).

"Au milieu de la tragédie humaine et de la récession économique causées par la pandémie, la récente augmentation de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers a retenu l'attention des analystes", résument dans un blog Tobias Adrian, conseiller financier du FMI, et Fabio Natalucci, responsable du GFSR.

Ils s'inquiètent du fait que les investisseurs semblent parier sur une aide "solide et durable des Banques centrales qui soutiendra une reprise rapide, même si les données économiques indiquent une récession plus profonde que prévu".

Le FMI a prévenu mercredi que la récession mondiale en 2020 serait plus sévère qu'estimé en avril (-4,9%) et il observe une reprise plus lente que prévu au début du troisième trimestre. "Cette divergence fait naître le spectre d'une nouvelle correction des prix des actifs à risque si l'attitude des investisseurs changeait, menaçant la reprise", ajoutent-ils.

C'est à la mi-mars qu'à Wall Street l'indice vedette, le Dow Jones, est entré en "bear market", c'est à dire une tendance à la baisse, perdant plus de 30% par rapport à son dernier record. Mais à partir de fin mars/début avril, les indices ont entamé une nette remontée. La hausse est depuis presque ininterrompue en dépit de petits creux mi-avril, mi-mai et début juin.

Le soutien "sans précédent" et "non conventionnel" des autorités qui déployé liquidités, prêts et taux d'intérêt bas, "a sans aucun doute amorti l'impact de la pandémie sur l'économie mondiale et atténué le danger immédiat pour le système financier mondial", selon le GFSR.