Placements & Marchés

L'industriel allemand Siemens (-4,03% à 95,0 euros) a fini lanterne rouge du Dax après avoir estimé qu'il lui sera de plus en plus difficile de maintenir son objectif de "hausse modeste du chiffre d'affaires" pour l'exercice décalé 2018-2019.

Le bénéfice net de Siemens a atteint 1,14 milliard d'euros (-6% en un an), tandis que le chiffre d'affaires de l'entreprise, fabriquant tant des turbines, des trains que des éoliennes ou des scanners médicaux, a légèrement augmenté à 21,28 milliards d'euros (+2% hors effets de change).

"Comme nous le disons depuis un certain temps, le contexte géopolitique et géo-économique nuit au climat d'affaires qui sans cela pourrait être positif", a commenté dans un communiqué le patron du konzern, Joe Kaeser.

Sur fond de tensions commerciales sino-américaines et de menace d'un Brexit dur, le secteur industriel allemand tourne au ralenti. Comme dans d'autres pays, il est affecté par une baisse des investissements et des commandes, l'automobile - et par ricochet ses fournisseurs, équipementiers et fabricants de machines-outils- y sont particulièrement touchés.

Dans ce contexte, l'activité "Digital Industry" (automation et logiciels pour les usines) devenue centrale dans la stratégie de Siemens, s'est nettement repliée d'avril à juin, en témoigne le bénéfice opérationnel (EBITA) en recul de 27%.

Quant à l'activité historique de Siemens, les turbines pour les centrales électriques, dont le conglomérat souhaite se délester via une introduction en Bourse dans un an, a enregistré "une baisse significative" de régime au dernier trimestre.

Cette division Power & Gas a dégagé un bénéfice opérationnel en baisse de 37% à 156 millions d'euros et la marge opérationnelle est tombée à 3,6%, loin de la rentabilité à 11-15% fixée par le groupe.

Il n'y a que dans l'éolien (Gamesa), la santé (Healthineers) et le rail (Siemens Mobility), que Siemens a pu accélérer au dernier trimestre.

Siemens Mobility a ainsi remporté au dernier trimestre de prestigieux contrats d'équipement de trains à grande vitesse et de maintenance aux Etats-unis et en Russie.

"Un secteur ferroviaire robuste et une discipline dans l'exécution de nos projets vont nous aider à remplir nos promesses cette année", s'est engagé le patron du groupe, en plein plan de restructuration, avec l'annonce en juin de la suppression de 2.700 nouveaux postes supplémentaire.

Coté prévisions, Siemens, sans aller jusqu'à l'avertissement sur résultats, les maintient tout en préparant les esprits à une possible dégradation imminente.

"Nous confirmons nos pronostics pour l'année fiscale 2019, même s'il devient de plus en plus difficile de maintenir nos objectifs en ce qui concerne une hausse modeste de notre chiffre d'affaires", déclare le groupe.

Siemens mise toujours sur une marge de son activité industrielle, la principale, comprise entre 11% et 12%, hors effets de changes et changements de périmètres.