La politique s'est définie des objectifs élevés pour limiter le réchauffement climatique. Les systèmes financiers, notamment les caisses de pension, se trouvent ainsi confrontés à de nouveaux risques. Des chercheurs de plusieurs universités, dont celle de Zurich, ont développé un "test de résistance climatique" pour les portfolios d'investissements. Avec l'accord de Paris sur le climat, plusieurs pays ont convenu de limiter le réchauffement climatique en dessous des 2 degrés par rapport à l'ère pré-industrielle. Et les Etats doivent régulièrement rendre des comptes de leurs avancées en la matière.

L'abandon des combustibles fossiles dans l'optique d'une réduction des émissions de CO2 implique de grands bouleversements, y compris pour l'économie. Les entreprises qui prospèrent grâce au charbon et au pétrole, mais également les autres secteurs énergivores, sont touchées. Et les systèmes financiers sont affectés par ricochet, car ils soutiennent ces entreprises à travers des actions, des obligations ou des crédits.

Une équipe internationale de chercheurs, sous la direction de Stefano Battiston de l'université de Zurich, a développé un "test de résistance" pour déterminer les risques climatiques des portfolios d'investissements dans différents scénarios politiques.

Les informations qui en résultent se veulent un complément aux indices existants et aux évaluations d'experts, écrit l'université de Zurich dans un communiqué.

Les analyses avec le nouveau test de résistance ont conclu que les risques liés à la politique climatique restent marginaux pour les principales banques européennes. "Les effets directs des mesures liées à la politique climatique sur les secteurs des énergies fossiles ne devraient mener ni à la déroute de banques individuelles, ni à un effet domino du secteur financier", affirme M. Battiston, cité dans le communiqué.

Les banques européennes n'ont par conséquent pas à s'inquiéter de l'introduction de réglementations découlant de la politique climatique, selon lui.

Il en est tout autre pour les caisses de pension, qui sont indirectement exposées à la politique climatique à travers leur participation à des fonds d'investissement. Les répercussions combinées sur les portfolios d'actions dans les domaines concernés seraient importantes, écrit l'université de Zurich. L'interdépendance des participants au marché financier augmenterait les risques.

Les chercheurs concluent que toutes les informations financières touchant au climat devraient être consultables, afin d'améliorer les évaluations des risques et de fournir des conseils pour les investisseurs.

Cela n'est toutefois pas encore suffisant, selon les scientifiques. Une entente sur les conditions cadre d'une politique climatique stable serait utile, car un léger ajustement des prix des actifs serait alors possible, affirme Stefano Battiston.