On s’attendait à un coup de déprime des opérateurs boursiers après l’annonce – technique – de la Banque centrale européenne (BCE) sur sa stratégie de soutien aux entreprises dans le cadre de la crise sanitaire actuelle. On savait qu’en cas de déception, il y aurait sans doute un nouveau ressac des marchés. La réalité a dépassé l’imagination.

En quelques minutes, les marchés européens et américains ont littéralement plongé. Si Wall Street a réduit ses pertes, l’indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles a plongé de 14,12 %. Paris a chuté de 12,28 %, Amsterdam de 10,37 %, Francfort de 11,43 % et Londres de 10,25 %. Si l’on se base sur les niveaux de la mi-février, la perte de valeur moyenne dépasse les 30 %. On peut dès lors parler d’un véritable krach boursier.

  • 1. Qui est responsable du krach ?

Le déclencheur de cette séance dramatique est bien entendu la BCE. On peut y ajouter les dernières mesures de Donald Trump (révélant l’ampleur mondiale de la crise sanitaire), les manœuvres de l’Arabie saoudite (qui a fait chuter les prix du baril de pétrole brut) ou encore le “lockdown” durci en Italie. Interrogée sur la réaction des marchés, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a simplement expliqué qu’il faudrait un peu de temps pour que les marchés intègrent les données et comprennent la portée des mesures d’urgence prises par la BCE en concertation avec les États membres de l’Union et les institutions européennes.

  • 2. Les systèmes antikrach ont-ils fonctionné ?

Oui. Là où ils existent, en tout cas. La nervosité des intervenants a notamment nécessité l’activation des coupe-circuit à la Bourse de New York, jeudi, le temps de laisser les gestionnaires reprendre leurs esprits. À Bruxelles aussi, certaines valeurs ont été suspendues, selon la procédure dite de “gel dynamique” déclenchée selon des critères spécifiques à chaque valeur, avant la reprise de cotation.

  • 3. Est-ce la pire chute des marchés boursiers ?

Non. Les plus âgés se souviennent que Wall Street avait adopté les coupe-circuit après le krach d’octobre 1987, alors que l’indice Dow Jones avait chuté de plus de 22 % en une seule séance, accroissant ses pertes le lendemain… avant de rebondir. Au même moment, Bruxelles connaissait une chute de même ampleur, avant de se reprendre quelques mois plus tard, au début de 1988.

  • 4. Faut-il vendre ou acheter ?

Après la pluie, dit-on, vient toujours le beau temps… Ceci pour souligner le risque de vendre dans un creux boursier, là où les gestionnaires audacieux ramassent du papier de qualité à bon compte. La crise actuelle est de nature temporaire.