Par Isabelle de Laminne, Responsable du blog www.moneystore.be


Les mauvaises nouvelles se succèdent dans le secteur bancaire. La Deutsche Bank est considérée comme une banque systémique, ce qui signifie que sa faillite aurait un effet sur l’ensemble du secteur bancaire allemand et européen. Aujourd’hui, son sort ne tiendrait plus qu’à un fil. En un an, la valeur de son titre a perdu 50% et elle est soumise à une amende colossale de la part des autorités américaines.

« L’élément déclencheur a été l’amende de 14 milliards de dollars requise par les autorités américaines. Mais nous n’en sommes encore qu’au début des discussions entre l’Allemagne et les Etats-Unis. Cette amende sera très probablement réduite », estime Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC Banque. Y a-t-il réellement un risque de faillite ? Cette banque n’a pas fait de pertes au premier semestre et son patron estime que le navire pourra traverser cette tempête. « Le problème est plus large que la Deutsche Bank, il concerne tout le secteur bancaire allemand. On voit aussi ici les problèmes de la Commerzbank. Nous n’envisageons pas de faillite mais plutôt une consolidation de ce secteur avec des pertes d’emplois à la clef. La consolidation portera sur des fusions et des regroupements. L’impact sera surtout porté sur les employés plutôt que sur les épargnants », souligne cet économiste.

Les clients de la banque se posent néanmoins des questions concernant leurs avoirs détenus sur les comptes de cette institution. Qu’en est-il plus particulièrement en Belgique ? Chez nous, la Deutsche Bank est une succursale de la maison-mère allemande et non pas une filiale. Qu’est-ce que cela implique concrètement ? Cela signifie que la banque n’est pas une banque belge et que, en cas de faillite, la garantie des 100.000 euros ne sera pas payée par l’Etat belge mais par l’Etat allemand.

En janvier 2016, est entré en vigueur le bail-in, un mécanisme qui permet au régulateur de prendre des mesures en vue de prévenir la défaillance des banques. Le but de ces mesures est de faire supporter la défaillance de la banque par ses créanciers, ses actionnaires et par les déposants qui ont plus de 100.000 euros en compte, et non plus par les pouvoirs publics, c’est à dire par les citoyens. On distingue ainsi le bail-in du bail-out qui est le renflouement des banques par l’Etat, comme ce fût le cas en 2008.

Quelles sont les conséquences pour les clients ?

Si les clients disposent de plus de 100.000 euros en compte, ils viendront comme créanciers dans la masse pour les sommes au-delà de 100.000 euros. Il serait donc opportun, si les clients craignent pour l’avenir de la banque et de leur épargne, de ne pas laisser plus de 100.000 euros par personne et par compte auprès de cette institution. Rappelons que le principe de diversification qui doit guider les investisseurs dans leurs placements vaut aussi pour les comptes en banque.

Les personnes qui détiennent des créances ou des actions sur cette banque devront aussi être attentives car, dans ce cas, elles ne sont couvertes par aucune garantie. Et les titres en portefeuille ? Ici, il n’y a pas de problème en cas de faillite. Contrairement aux comptes bancaires, les comptes-titres ne sont pas inscrits dans le bilan de la banque. Ils restent, quoiqu’il advienne, la propriété de leurs détenteurs. Pas de souci à se faire de ce côté donc.


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