Principalement touchés, le numéro deux helvétique du secteur, Credit Suisse, qui s'effondrait de 13,5 % à 10,79 francs suisses à la Bourse de Zurich vers 8H50 GMT, ainsi que la japonaise Nomura, qui a clôturé en très forte baisse de 16,33 % à 603 yens, à la bourse de Tokyo.

Egalement à la peine, l'allemande Deutsche Bank qui plongeait de 5,50 % à 9,91 euros et la française BNP Paribas qui accusait la plus forte chute de l'indice CAC 40 avec une baisse de 2,34 % à 50,46 euros.

Vendredi, Archegos Capital Management, qui gère la fortune de l'homme d'affaires Bill Hwang, s'est délestée massivement de parts détenues dans des entreprises américaines de médias et des sociétés chinoises cotées à la Bourse de New York, avait rapporté l'agence de presse Bloomberg, citant des sources proches du dossier.

Cette vente d'actions en bloc de plus de 20 milliards de dollars, inhabituelle par son ampleur, a été réalisée notamment par les banques d'affaires américaines Morgan Stanley et Goldman Sachs, selon l'agence financière.

Elle concerne notamment les actions des sociétés chinoises, telles les géants de l'internet Baidu Inc et Tencent Music Entertainment Group, le détaillant de rabais en ligne Vipshop Holding ainsi que des entreprises américaines, comme les conglomérats de médias de masse, ViacomCBS et Discovery, qui ont plongé vendredi en Bourse.

La société d'investissement aurait été bousculée par la forte baisse plus tôt dans la semaine de ViacomCBS, dont il détenait beaucoup d'actions, selon le quotidien britannique des affaires Financial Times, qui cite lui aussi des sources proches du dossier.

Ce repli a conduit un des courtiers d'Archegos à demander des fonds supplémentaires pour couvrir la dépréciation de cet investissement et in fine a conduit Archegos à liquider certaines de ses positions.

Les déboires du fonds ont fait craindre des réactions en chaîne dans le monde de la finance.

"Perte significative" 

Lundi, la banque japonaise Nomura a averti qu'un "événement" le vendredi 26 mars "pourrait soumettre une des ses filiales aux Etats-Unis à une perte significative" émanant de transactions liées à un client basé aux Etats-Unis. Elle n'a pas dévoilé le nom de ce dernier.

La banque nipponne est actuellement en train d'évaluer la perte potentielle ainsi que ses possibles répercussions sur ses résultats financiers, estimant pour l'instant que les déboires liés à ce client pourrait lui coûter 2 milliards de dollars (1,6 milliards d'euros) sur la base des cours vendredi. Le montant pourrait cependant devoir être ré-évalué, a-t-elle prévenu, en fonction de dénouement des transactions et fluctuations de marchés.

Déjà secouée par la faillite de la société financière britannique Greensill, la banque Credit Suisse a, à son tour, émis un avertissement sur ses résultats. Le numéro deux du secteur bancaire helvétique a, lui aussi, évoqué les déboires d'un "fonds spéculatif basé aux Etats-Unis" qui pourrait se traduire par une perte substantielle, sans toutefois la chiffrer.

Bien qu'il soit "pour le moment prématuré" de quantifier la taille exacte de la perte qui pourrait en résulter, la banque suisse, qui est comme d'autres banques en train de se désengager de ce fonds, a-t-elle précisé, a évoqué un impact potentiellement "hautement significatif et substantiel" pour ses résultats du premier trimestre.

Comme Nomura, la banque suisse n'a pas donné le nom du fonds à l'origine de cette perte potentielle. Elle est cependant liée aux déboires d'Archegos Capital Management, a indiqué une personne au fait du dossier à l'AFP. L'avertissement de la banque Nomura est également liée à ce fonds, a indiqué une personne proche du dossier à l'agence Bloomberg.