Les autorités américaines ont porté plainte mardi contre des traders basés aux Etats-Unis, en Ukraine et en Russie, qui ont pu pendant plusieurs mois accéder à des informations ultrasensibles récupérées illégalement sur le site du gendarme boursier, la SEC. Grâce à ces données consultées avant que l'entité ne puisse les diffuser à l'ensemble des investisseurs, principalement les résultats trimestriels d'entreprises cotées à Wall Street, les courtiers ont empoché au moins 4,1 millions de dollars.

Ils étaient de mèche avec des pirates informatiques qui ont infiltré en 2016 la plateforme sur laquelle la SEC conserve les documents que les sociétés sont dans l'obligation de publier, surnommée Edgar. Le gendarme boursier avait dévoilé en septembre 2017 avoir été victime d'intrusions frauduleuses.

Avoir accès à l'avance aux informations contenues dans ces notifications peut s'avérer très lucratif, les traders au courant d'une décision stratégique ou des résultats d'une entreprise pouvant deviner la réaction des marchés et placer des paris en fonction.

La justice américaine, via le bureau du procureur général du New Jersey, a porté plainte contre Artem Radchenko et Oleksandr Ieremenko, deux personnes basées en Ukraine qu'elle accuse d'avoir piraté les données, de les avoir vendues et d'en avoir profité en plaçant des ordres en Bourse.

La SEC a de son côté poursuivi au civil sept personnes, le hacker Oleksandr Ieremenko et six traders opérant depuis la Californie, l'Ukraine et la Russie, ainsi que deux sociétés.

M. Ieremenko et plusieurs autres personnes visées dans ce dossier sont également poursuivis depuis 2015 par les autorités américaines dans une affaire similaire concernant cette fois-ci le piratage de sites de sociétés spécialisées dans la diffusion au public de communiqués de presse.

"Les complots internationaux de piratage informatique, comme celui que l'on met en cause aujourd'hui, posent un risque permanent aux organisations possédant des informations sensibles", a commenté la responsable de la SEC en charge des poursuites, Stephanie Avakian.

La plainte du gendarme boursier est la preuve, selon elle, de la détermination des autorités à identifier et poursuivre les malfaiteurs, "même quand ils opèrent depuis l'étranger".