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Boussole des marchés mondiaux, Wall Street a encaissé lundi sa pire journée de l'année en se repliant encore plus que les Bourses asiatiques et européennes, consternées par l'intensification des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

Son indice vedette, le Dow Jones, a lâché 2,90% tandis que le Nasdaq, à forte coloration technologique, a plongé de 3,47% et l'indice élargi S&0 500 de 2,98%.

Les Bourse européennes avaient déjà lourdement chuté, l'indice CAC 40 à Paris perdant par exemple 2,19% et l'indice FTSE 100 à Londres cédant 2,47%.

"Après sept mois d'espoir d'une entente commerciale entre la Chine et les États-Unis, qui ont alimenté la hausse conséquente des indices depuis le début de l'année, la relance des tensions" par le président américain a cassé l'élan du marché, a observé auprès de l'AFP Mikaël Jacoby, responsable du courtage Europe continentale de Oddo BHF Securities

Alors que les investisseurs se remettaient à peine d'une réunion de la Réserve fédérale américaine, pas assez accommodante à leur goût, Donald Trump a mis le feu aux poudres jeudi soir en annonçant dans une série de tweets son intention d'imposer des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations chinoises, à compter du 1er septembre.

En représailles, Pékin a demandé à ses entreprises publiques de cesser l'achat de produits agricoles américains.

Donald Trump, furieux envers la Chine

Autre conséquence: la devise chinoise a franchi le seuil symbolique des 7 yuans pour un dollar, un seuil qui n'avait pas été enfoncé depuis 2008. De quoi alimenter les spéculations sur un geste délibéré de Pékin pour soutenir ses exportations.

Sans surprise le président américain a d'ailleurs dénoncé dans un tweet une "manipulation de la monnaie". "Cette violation majeure affaiblira considérablement la Chine avec le temps", a-t-il ajouté.

En Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai a abandonné 1,62% et celui de la Bourse de Shenzhen 1,47% tandis qu'au Japon, l'indice vedette Nikkei a terminé en repli de 1,74%.

"L'incertitude et les répercussions concrètes sur l'économie induites par ces nouvelles taxations en Europe, mais également pour le consommateur américain, vont sans doute durer un peu", à moins d'un nouveau tweet du président américain, a souligné M. Jacoby.

"Les investisseurs doivent garder à l'esprit qu'avant la journée d'aujourd'hui, le S&P 500 avait gagné un peu plus de 18% au cours de l'année", a toutefois tempéré Alan Skrainka, gérant de portefeuilles chez Cornerstone Wealth Management.

"On a vu une augmentation massive sur le marché des actions jusqu'à maintenant. Un réajustement était inévitable", a ajouté l'expert, pour qui les tensions commerciales font partie du cycle normal de négociations "à la dure".

Le marché de la dette a continué en revanche à servir de refuge à des investisseurs anxieux. Signe d'un intérêt accru pour des actifs jugés plus sûrs comme les bons du Trésor américains, le taux d'intérêt sur la dette américaine à 10 ans reculait aux alentours de 20H30 GMT à 1,7288%, son plus bas niveau depuis 2016.

En zone euro, le Bund (taux d'emprunt à 10 ans de l'Allemagne) qui fait office de référence, a ainsi continué à crever de nouveaux planchers historiques. Il est descendu jusqu'à -0,5394%. Celui de la France a également atteint un niveau historiquement bas, à -0,2796%.