Selon des résultats définitifs à la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 2,03% repassant sous la barre des 30.000 points à 29.982,62 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a lâché 2,00% à 13.070,69 points et le S&P 500 a abandonné 1,93% à 3.714,24 points.

Sur la semaine, les trois indices ont accusé des pertes de -3,27% pour le Dow Jones, -3,48% pour le Nasdaq et -3,31% pour le S&P.

"On assiste à une grande réduction du risque. Ces fonds d'investissements font face à des milliards de dollars de pertes et pour couvrir ces pertes, ils ont dû vendre des actions là où ils avaient des bénéfices et des positions longues", a expliqué Karl Haeling de LBBW qui affirme qu'il y a eu "une directive générale" chez les "hedge-funds" pour réduire leurs positions.

"Tout tourne autour de Robinhood, de GameStop, etc... Comment les fonds vont-ils s'en sortir maintenant sans créer des pertes alors qu'ils ont encore beaucoup de positions courtes sur d'autres actions ?", s'est interrogé l'analyste.

Des boursicoteurs, se retrouvant notamment sur un forum du site Reddit, ont lancé depuis une semaine une bataille féroce à de grands fonds d'investissement ayant parié à la baisse sur des entreprises peu performantes comme la chaîne de magasins de jeux vidéo GameStop ou celle de salles de cinéma AMC, en pratiquant la vente à découvert.

Des courtiers en ligne américains, comme Robinhood et TD Ameritrade, ont dû limiter les échanges de ces titres depuis jeudi pour juguler la déroute. Ces restrictions des transactions ont provoqué la colère des petits porteurs tandis que le gendarme de la Bourse --la SEC--, la justice dans certains cas comme au Texas, et même le Congrès vont se pencher sur ces mesures.

Certaines limitations imposées par les plateformes de courtage restaient en place vendredi mais les transactions avaient repris dans leur ensemble.

GameStop a ainsi continué de grimper (+70% en clôture) à 328,24 dollars vendredi de même qu'AMC (+54%).

Dans le même temps, les onze secteurs du S&P 500 ont tous terminé dans le rouge, ceux de l'énergie (- 3,39%) et des technologies de l'information (-2,40%) menant le cortège.

Les têtes d'affiches habituelles de la technologie ont décliné, de Tesla (-5,02%) à Apple (-3,74%) en passant par Facebook (-2,52%) et Microsoft (-2,92%).

Pour Art Hogan de National Securities, d'autres facteurs jouaient à la baisse, notamment le scepticisme de certains élus clés au Congrès face au projet de plan de soutien massif de 1.900 milliards de dollars du président Joe Biden.

La saison des résultats a par ailleurs continué de battre son plein, avec des bilans mitigés pour Caterpillar (-0,81%) et Chevron (-4,27%) qui souffrent de la crise et pour Colgate (-1,45%) qui s'en est pourtant mieux sorti.

Le gouvernement américain a par ailleurs publié le chiffre de l'inflation qui a accéléré plus que prévu en décembre à +0,4%, même si elle est modérée sur un an à 1,3%.

Au rang des bonnes nouvelles, les revenus des ménages américains ont augmenté en décembre pour la première fois depuis septembre, notamment grâce au plan d'aides de 900 milliards de dollars adopté à la fin de l'année par le Congrès.

Mais leurs dépenses ont reculé de 0,2%. Et la confiance des consommateurs, qui s'est dégradée en janvier, selon le baromètre de l'Université du Michigan, n'est pas nature à soutenir la consommation.

Sur le front des vaccins, les investisseurs n'ont pas bien accueilli les résultats des essais du vaccin contre le Covid-19 du groupe américain Johnson and Johnson (-3,56%), d'une efficacité générale de 66% et encore moins bonne contre le virus variant d'Afrique du Sud.