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Wall Street a démarré en baisse lundi une semaine qui sera dominée par une réunion de la Banque centrale américaine, à l'issue de laquelle une hausse des taux est attendue malgré la farouche opposition du président Donald Trump.

Vers 15H40 GMT, l'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, perdait 0,90%, à 23.883,68 points.

L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, reculait de 0,65%, à 6.865,76 points.

L'indice élargi S&P 500 abandonnait 0,75%, à 2.580,41 points.

La place new-yorkaise avait enregistré la semaine dernière une forte baisse et un regain de volatilité alors que les investisseurs redoutaient de voir la croissance mondiale ralentir: le Dow Jones avait lâché sur la semaine 4,50% et le Nasdaq 4,93%.

"Personne ne semble se hâter pour profiter de ce marché en chute libre", a observé Patrick O'Hare de Briefing.

Signe de l'incertitude et de la volatilité qui dominent en cette fin d'année, les trois principaux indices de Wall Street s'inscrivent en recul sur l'ensemble de l'année après avoir connu des sommets historiques quelques mois plus tôt.

L'attention des marchés était focalisée lundi matin sur l'indicateur de l'activité manufacturière dans la région de New York en fort ralentissement en décembre, à la surprise des analystes.

Mais, surtout, sur la réunion de la Fed mardi et mercredi, la banque centrale américaine s'apprêtant à relever une quatrième et dernière fois les taux d'intérêt pour l'année 2018, pour les situer entre 2,25% et 2,50%.

La grande question est désormais de savoir ce qu'elle fera l'année prochaine, au vu des nuages qui pointent à l'horizon.

"Pour adoucir son rythme de hausse des taux (l'an prochain), la Fed devra admettre que l'économie américaine va croître de manière moins énergique que ses précédentes estimations", ont estimé les analystes de DataTrek.

"Mais, dans le même temps, elle ne devra pas soulever trop d'incertitudes sur la croissance future", ont-ils tempéré, rendant l'équation délicate pour l'institution.

"Paris qui brûle"

La hausse de taux attendue mercredi intervient dans un contexte politique tendu: le président américain Donald Trump s'oppose depuis plusieurs mois à ce resserrement monétaire qui renchérit le dollar, le coût des emprunts et contrecarre les objectifs du milliardaire en terme de commerce et de croissance.

"C'est incroyable qu'avec un dollar très fort et virtuellement aucune inflation, le monde qui explose autour de nous, Paris qui brûle et la Chine sur la pente descendante, la Fed puisse seulement penser à une nouvelle hausse de taux d'intérêt", a-t-il tweeté lundi.

Sur le marché obligataire, le taux sur la dette à dix ans des Etats-Unis évoluait à 2,862% contre 2,890% vendredi à la clôture et celui à trente ans à 3,120% contre 3,143% en fin de semaine dernière.

Parmi les valeurs du jour, Johnson & Johnson reculait de 2,15% après avoir déjà plongé de 10,04% vendredi. Le spécialiste des produits d'hygiène continuait à souffrir de la publication d'informations de presse, vivement démenties par l'entreprise, l'accusant d'avoir délibérément caché pendant plusieurs décennies que son talc contenait parfois de l'amiante.

Goldman Sachs lâchait 2,41%. Les autorités malaisiennes ont annoncé des poursuites pénales lundi contre la banque américaine et deux de ses employés soupçonnés d'avoir détourné des milliards de dollars dans le scandale du fonds souverain 1MDB impliquant l'ex-Premier ministre Najib Razak.

Le géant aéronautique Boeing (+0,78%) et le brésilien Embraer ont annoncé lundi avoir validé les modalités de l'accord de partenariat qui prévoit la création d'une co-entreprise valorisée à 5,26 milliards de dollars, dans l'attente du feu vert de l'Etat brésilien.

Alphabet (-0,35%), la maison mère de Google, a annoncé lundi son intention d'investir plus d'un milliard de dollars (880 millions d'euros) pour établir un nouveau site à New York, dans le quartier de West Village à Manhattan.