Les grands indices de Wall Street creusaient leurs pertes mercredi après la reprise des échanges, le Dow Jones perdant temporairement plus de 10%, les investisseurs s'alarmant des conséquences sur l'économie du coronavirus malgré les milliards mis sur la table par les autorités.

Vers 18H00 GMT, l'indice vedette de la Bourse de New York s'effondrait de 9,68% à 19.183,61 après avoir perdu jusqu'à 10,3% quelques minutes plus tôt.

Il tombe ainsi sous le niveau auquel il évoluait le jour de l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, le 20 janvier 2017. Une mauvaise nouvelle pour le locataire de la Maison Blanche, qui faisait jusqu'à récemment de la bonne santé de l'économie américaine et des marchés financiers un de ses principaux arguments de campagne.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, chutait de 8,16% à 6.736,50 points.

L'indice élargi S&P 500 perdait 8,90% à 2.304,08 points.

Les échanges ont été interrompus pendant quinze minutes quand ce dernier a baissé de 7% en cours de séance, déclenchant automatiquement un mécanisme d'interruption des échanges d'un quart d'heure, censé permettre aux acteurs du marché de reprendre leurs esprits.

C'est la quatrième fois que ce mécanisme appelé "coupe-circuit" est utilisé depuis lundi dernier.

Si l'indice qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street abandonnait 13%, un deuxième arrêt de la même durée aurait lieu. S'il perdait 20%, la séance serait suspendue.

"L'angoisse accrue entourant la propagation de la pandémie de COVID-19 continue d'être le principal élément guidant les marchés mondiaux", observent les analystes de Charles Schwab. "La chute se poursuit malgré le flot d'interventions des banques centrales et la préparation en cours d'un plan massif de relance budgétaire aux Etats-Unis", ajoutent-ils.

L'augmentation du nombre de cas de contaminations de coronavirus, la maladie ayant touché désormais plus de 200.000 personnes dans le monde, et les mesures drastiques de confinement imposées un peu partout, affolent les investisseurs.

Ils étaient aussi ébranlés mercredi par la remontée du taux de la dette des Etats-Unis à 10 ans, signe d'une moindre demande pour cet actif jugé habituellement comme une valeur refuge. Ce dernier évoluait à 1,14% contre environ 0,7% lundi soir.

"En plus de la débandade sur les marchés boursiers, générée par la peur des conséquences économiques des mesures de confinement face au coronavirus instaurées par les plus grandes puissances économiques, les marchés obligataires un peu partout dans le monde semblent avoir perdu confiance dans la capacité des gouvernements à financer les mesures de soutien budgétaire qu'ils proposent", remarque Carl Weinberg de HFE.

Outre les mesures exceptionnelles prises par les banques centrales, la Réserve fédérale américaine en tête, les gouvernements annoncent en effet chaque jour de nouvelles actions. Aux Etats-Unis, le secrétaire au Trésor a plaidé mercredi pour un plan s'élevant à 1.300 milliards de dollars.