Placements & Marchés

Wall Street évoluait en légère hausse jeudi, portée par la remontée des taux sur le marché obligataire américain entamée la veille en fin de séance.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, prenait 0,52%, à 26.142,58 points aux alentours de 14H00 GMT. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, gagnait 0,94%, à 7.936,96 points, et l'indice élargi S&P 500 0,78%, à 2.906,52 points.

La Bourse de New York avait clôturé en ordre dispersé mercredi au terme d'une journée marquée par la chute, puis par le redressement, des taux sur la dette américaine: le Dow Jones avait cédé 0,09% et le Nasdaq s'était apprécié de 0,38%.

Jeudi, le taux de référence sur le marché obligataire, celui sur la dette américaine à 10 ans, s'établissait à 1,7584% après être passé sous la barre des 1,6% la veille en cours de séance, une première depuis 2016.

Celui sur la dette à 30 ans remontait également, à 2,2844%.

Les analystes se montraient toutefois prudents face à la hausse de ces taux (et la baisse des rendements obligataires) alors que les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, les deux premières économies mondiales, restent vives.

"Les acteurs du marché font le rapprochement entre la persistance et l'escalade de la guerre commerciale sino-américaine et la chute des rendements obligataires, anticipant que l'économie mondiale va rapidement freiner", a noté Art Hogan, de National Holdings.

"Les banques centrales du monde entier veulent prendre les devants face à ce ralentissement. Beaucoup ont baissé leurs taux directeurs et d'autres semblent prêtes à le faire prochainement", a ajouté l'expert.

Jeudi, la banque centrale des Philippines a réduit ses taux directeurs de 25 points de base (un quart de point de pourcentage) à 4,25%.

Mercredi, l'Inde, la Nouvelle-Zélande et la Thaïlande avaient, contre toute attente, également annoncé des baisses du loyer de l'argent.

L'abaissement des taux des trois Banques centrales avait été mis en avant mercredi par le président américain, Donald Trump, dans une énième série de tweets critiquant la position de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur les taux, qu'il juge trop timorée.

La Fed a toutefois abaissé ses taux d'un quart de point de pourcentage pour la premières fois en 11 ans le 31 juillet.

La Banque centrale européenne (BCE) a, elle, ouvert la voie à une série de remèdes anticrise pour la rentrée allant d'une ou plusieurs baisses de ses taux à une possible reprise de ses rachats de dette.

Les baisses de taux d'intérêt des Banques centrales ont pour but de stimuler le recours au crédit de la part des ménages et des entreprises, en le rendant plus abordable.

Elles sont souvent le signe d'une incertitude sur la santé de la croissance mondiale.