Wall Street reculait mercredi peu après l'ouverture, minée par la hausse du nombre de cas d'infection au coronavirus dans plusieurs Etats américains et par la menace de Washington d'imposer de nouvelles taxes punitives sur des produits européens.

Vers 13H45 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 1,03% à 25.866,56 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, cédait 0,17% à 10.113,73 points, et l'indice élargi S&P 500 perdait 0,73% à 3.108,33 points.

La Bourse de New York avait fini dans le vert mardi dans un marché soutenu par les grandes valeurs technologiques comme Amazon, Apple ou Alphabet: le Dow Jones avait gagné 0,50% et le Nasdaq s'était apprécié de 0,74%, terminant à un record.

En progression presque ininterrompue depuis fin mars, la place new-yorkaise a bénéficié des mesures titanesques de soutien monétaire et budgétaire à travers le monde, de l'amélioration progressive des données économiques aux Etats-Unis et des espoirs d'avancées pour un traitement ou un vaccin contre le nouveau coronavirus.

Mais mercredi, "Wall Street semble réévaluer la montée en flèche du marché actions, s'inquiétant de la hausse des nouveaux cas de Covid-19 aux Etats-Unis, le regain de tensions géopolitiques, la valeur difficile à saisir des indices boursiers et l'élection présidentielle (américaine) à venir", soulignent dans une note les analystes de Charles Schwab.

L'immunologiste en chef de la Maison Blanche, le Dr Anthony Fauci, s'est dit "vraiment" inquiet mardi devant les poussées "préoccupantes" du nombre de cas dans plusieurs Etats américains. "Les deux prochaines semaines seront critiques" pour y répondre, a-t-il estimé.

L'administration Trump envisage par ailleurs d'imposer des taxes punitives supplémentaires sur l'équivalent de 3,1 milliards de dollars de produits européens, dont français, selon un document officiel publié dans la nuit de mardi à mercredi.

Les services du Représentant américain au commerce ont dressé la liste des nouveaux produits concernés dans un appel à consultation publique qui durera jusqu'au 26 juillet.

Sur le front des perspectives économiques, le Fonds monétaire international a tablé sur une récession mondiale plus sévère que prévu cette année dans ses dernières prévisions publiées mercredi, prévoyant désormais une contraction du PIB mondial de 4,9% (contre 3% en avril).

Aux Etats-Unis, le PIB baissera de 8% en 2020, estime le FMI.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine baissait, s'établissant à 0,7069%, contre 0,7118% mardi soir.