La Bourse de New York montait fortement à l'ouverture mercredi, rebondissant au lendemain d'un nouvel accès de faiblesse et saluant le retour de Joe Biden au rang de favori des primaires démocrates.

Vers 15H10 GMT, l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones Industrial Average, gagnait 1,89%, à 26.406,66 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s'appréciait de 1,34%, à 8.800,80 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, progressait de 1,54%, à 3.049,51 points.

Wall Street avait été vivement secouée mardi par la baisse des taux décidée en urgence par la Banque centrale américaine (Fed) pour atténuer l'impact économique du coronavirus, annonce accueillie avec beaucoup de scepticisme par les investisseurs: le Dow Jones avait chuté de 2,94% et le Nasdaq de 2,99%.

Le fait que les responsables de la Fed décident d'une mesure drastique en-dehors du calendrier habituel des réunions monétaires, une première depuis la crise financière de 2008, a davantage alarmé que rassuré les courtiers de Wall Street.

Mercredi, "on ne peut pas nier que les résultats des primaires démocrates dopent le marché des actions", avance JJ Kinahan de TD Ameritrade.

L'ancien vice-président américain Joe Biden est en effet redevenu le favori des primaires démocrates à l'issue d'un "Super Tuesday" plein de surprises qui a bouleversé la donne en l'installant dans un duel de longue haleine avec le socialiste Bernie Sanders.

"De nombreux acteurs du marché considèrent que les bons résultats de Joe Biden représentent un élément plus favorable pour le marché, si c'est un démocrate qui finit par accéder à la Maison Blanche, car il est plus pro-business" que Bernie Sanders, estime M. Kinahan.

A cet égard, le sous-indice représentant le secteur de la santé bondissait de 3,28% mercredi car la victoire à la primaire démocrate de Bernie Sanders, favorable à la mise en place d'un grand système de santé publique, apparaît désormais moins probable.

Les assureurs santé United Health et Cigna bondissaient de respectivement 9,79% et 10,12% tandis que la chaîne de pharmacies CVS prenait 5,56%. Les laboratoires pharmaceutiques Pfizer et Merck s'appréciaient de 3,05% et 1,38%.

Retour à la normale ? 

Les courtiers étaient aussi rassérénés mercredi, selon M. Kinahan, par le fait qu'un gros sous-traitant d'Apple (+2,15%), Foxconn, a annoncé que l'activité dans ses usines en Chine pourrait revenir à la normale d'ici fin mars.

Les inquiétudes liées à la propagation du nouveau coronavirus continuent en revanche de peser sur le marché des obligations, estime Patrick O'Hare de Briefing: signe d'une forte demande pour cet actif jugé moins risqué, le taux à 10 ans sur la dette des Etats-Unis reculait encore mercredi, à 0,970%, après être passé la veille pour la première fois sous la barre symbolique des 1%.

"Les investisseurs sur le marché des obligations perçoivent encore le coronavirus comme un facteur de risque à l'égard de la croissance à venir, qui ne pourra sans doute pas cette fois-ci être compensé par les actions des banques centrales", avance M. O'Hare.

La patronne du FMI, Kristalina Georgieva, a appelé mercredi la communauté internationale à en faire trop plutôt que pas assez pour contrecarrer l'effet du nouveau coronavirus, qui devrait ramener la croissance mondiale sous son niveau de 2019.

Elle était de 2,9% en 2019 et le FMI prévoyait encore en janvier une croissance de 3,3% pour 2020.

Du côté des indicateurs, le secteur privé aux Etats-Unis a créé 183.000 emplois en février, ce qui marque un léger ralentissement par rapport à un très bon mois de janvier mais est supérieur aux attentes des analystes, selon l'enquête mensuelle de la firme de services aux entreprises ADP publiée mercredi.