La Bourse de New York poursuivait sa dégringolade jeudi après la reprise des échanges, interrompus peu après l'ouverture, en pleine panique autour de la pandémie de coronavirus.

L'effondrement du S&P 500 de 7% a automatiquement déclenché un mécanisme d'interruption des échanges d'un quart d'heure, permettant au marché et aux investisseurs de reprendre leurs esprits. C'est la deuxième fois cette semaine, après lundi, que ce mécanisme est utilisé.

Si l'indice qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street abandonnait 13%, un deuxième arrêt de la même durée aurait lieu.

Les échanges ont repris vers 13H50 GMT.

Aux alentours de 14H15 GMT, le Dow Jones s'effondrait de 8,22%, à 21.616,36 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, chutait de 6,96%, à 7.398,52 points.

Le S&P 500 tombait, lui, de 7,40% à 2.358,42 points.

L'indice VIX, qui mesure la volatilité de la place new-yorkaise, flambait, quant à lui, de plus de 27%.

La pandémie continuait de toucher de plein fouet les marchés, la mesure qui suscitait le plus de réactions étant la décision mercredi soir de Donald Trump d'interdire durant 30 jours aux voyageurs en provenance d'Europe d'entrer sur le sol américain.

Le président américain a également annoncé des mesures de soutien à l'économie des Etats-Unis pour faire face au coronavirus, mais celles-ci n'ont pas convaincu les acteurs du marché.

Selon Patrick O'Hare, de Briefing, beaucoup d'investisseurs estiment que les annonces de M. Trump "sont loin des attentes pour soutenir l'économie et pour stimuler la confiance des consommateurs".

"Le coeur du problème, c'est que tous les efforts qui sont menés pour limiter la propagation du coronavirus vont avoir des conséquences économiques négatives qui vont lourdement peser sur les perspectives de revenus car elles vont aussi limiter les dépenses des consommateurs et des entreprises", détaille M. O'Hare.

Les croisiéristes prennent l'eau 

Outre-Atlantique, la Banque centrale européenne (BCE) a, elle, dégainé un arsenal de mesures pour tenter d'endiguer la panique financière liée à la pandémie.

La BCE n'a pas touché à ses taux directeurs mais a lancé un programme de prêts ciblés sur les PME pour que les banques aident les entreprises frappées par l'épidémie à boucler leurs fins de mois.

La banque centrale a aussi annoncé de nouvelles dépenses pour acheter de la dette et autorisé la banques à s'affranchir temporairement des exigences de fonds propres et de liquidité en vigueur.

Parmi les acteurs les plus affectés par l'effondrement de Wall Street jeudi, les croisiéristes souffraient tout particulièrement.

Le groupe américain Princess Cruises (groupe Carnival Corporation) a d'ailleurs annoncé suspendre ses croisières à travers le monde pendant 60 jours en réaction à la pandémie. Son action plongeait de près de 18%.

Celles de ses concurrents Norwegian Cruise Line et Royal Caribbean perdaient plus de 25%.

Le secteur aérien était également au tapis, les compagnies American (-11,2%), Delta (-12,4%) et United (-15,7%) accusant de très lourdes pertes. L'avionneur Boeing dégringolait, lui, de près de 15%.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait à 0,6830%, contre 0,8695% la veille à la clôture.